Pagouda,
le 12 août 2007. j'étais chez
moi, debout sur ce
tas de gravier, avec mon appareil
photo et caméra numérique, pour
filmer l'extérieur et enregistrer les sons ambiant. Cet
homme est chez lui, dans cette
cour à droite. Il menace et dit : "Je
vais détruire ton appareil". Et il
va chercher un bâton à une aile de sa cour.
Et moi, ne comprenant pas pourquoi il avait tant à s'en
prendre à moi, je demande, hébété et
inquiet, à plusieurs reprises, : "Pour faire
quoi ?".
Il
revient en force à une vitesse impressionnante, et
se met à frapper sur mon mur, entre lui et moi, et
qui me servait de bouclier. Il n'avait aucune chance d'atteindre
mon appareil, et encore moins de le détruire, comme
il l'a annoncé. Je recule ma main à chaque
fois qu'il frappe, pour esquiver les coups, coups que le
mur encaisse. Il frappe quelques coups et s'arrête.
Le dernier a à peine touché ma main, qui reculait
comme à chaque fois, en continuant à tenir
l'appareil braqué sur celui qui m'agressait ainsi
violemment et physiquement chez moi.
Quand
il s'est arrêté, j'ai cru qu'il avait abandonné,
ayant compris qu'il n'avait aucune chance d'atteindre son
objectif. Pour lui faire signifier son échec et surtout
le délit grave qu'il venait de commettre en m'agressant
chez moi, je lui dis : "C'est chez moi que je suis",
donc "Je ne suis pas venu t'agresser chez toi, et je
filme ce que je veux chez moi, tu as commis une faute en
m'attaquant chez moi." C'est ce que je lui dirai souvent
dans la suite de la conversation que l'appareil enregistrait,
comme preuve flagrante de l'agression, à faire valoir
auprès de la gendarmerie et la police. Alors il me
répond une étrange chose que je ne comprendrai
pas sur le moment, mais seulement plus tard. Il dit : "Tassi
liziou !" ( "Filme encore !") Je ne savais
pas qu'il voulait simplement me faire comprendre : "Filme,
si tu le peux encore"). Et moi, naïf, ne mesurant
pas l'étendu du phénomène devant moi,
je lui répète : "C'est chez moi que je
suis", donc "Je filmerai chez moi si je le veux".
Et il me dit : "Eèh, n'wègnèdè.
Lizi !" ("Oui, tu es chez toi, filme donc !").
Et je répète toujours, comme un idiot , qui
n'avait pas compris ce qui venait de se passer, comme un
hypnotisé qui ne pouvait pas dire autre chose et qui
affirme ses droits et les torts de l'agresseur : "Mèndèmèwè.
Mèndèmèwé..." ("C'est
chez moi que je suis. C'est chez moi que je suis...").
J'ai été très
surpris par le phénomène, sonné par
la violence extrême du personnage et sa colère
démeusurée, qui ne s'expliquait pas, sauf si
j'ai surpris dans cet homme quelque chose qui le dérangeait
très profondément, une preuve qu'il voulait
détruire à tout prix ! J'étais abasourdi,
littéralement hypnotisé par lui, bafouillant,
presque pathétique même, ne sachant plus dire
une autre phrase que la même que je répétais
sans cesse, à savoir je suis chez moi, donc je fais
ce que je veux chez, je filmerai si je veux filmer. C'est
alors que, voyant que je ne comprenais pas, il m'explique
pourquoi il avait cessé de frapper mon mur : "Ma
liza appareil !" , littéralement : "J'ai
enlevé l'appareil" ou "J'ai retiré ton
appareil", ou encore : "J'ai supprimé ton
appareil". En d'autres termes, cet homme m'apprenait
qu'il avait détruit mon appareil, comme il l'avait
annoncé au début de la scène filmée.
Très étonnant ! Incroyable mais vrai ! Comment cet homme pouvait-il
dire qu'il avait "enlevé", "retiré" ou "supprimé" un
appareil que j'avais toujours dans la main, qui était toujours braqué sur
lui, et qui continuait à enregistrer le dialogue (ce qui en est la preuve
!) ? C'est plus tard, quand je voulais revisionner le film, que j'ai vu que
l'écran était devenu subitement NOIR ! après le dernier
coup de cet homme, et c'est pour cela qu'il avait cessé d'attaquer l'appareil.
Mais pour moi qui le tenais, je croyais qu'il fonctionnait normalement, et
que je pouvais fimer à ma guise, et que même je continuais à le
filmer. Mais, Bon Diable de bon sang !, comment lui pouvait-il savoir que l'appareil
ne le filmait plus ?

A
gauche, le Sony Cyber-Shot tel qu'il s'était photographié lui-même
devant un miroir, au Togo, le 1er septembre 2006, donc avant
le 12 août 2007, le jour de sa mort. Et à droite, le même Sony
Cyber-Shot,
mort,
tel
qu'il
a été photographié en France, en octobre 2009, par son successeur,
que voici :

Et
maintenant, observez les deux images du premier Sony Cyber-Shot,
et en observant la seconde, répondez à cette question : qu'est-ce
qui permet à un simple paysan Kabyè illettré en regardant cet
appareil de loin de savoir qu'il ne filmait plus ? Etant donné
que la vidéo le montre maniant violemment son bâton, si l'appareil
avait reçu un coup (ce qui pourrait lui faire supposer qu'il
l'a endommagé), on aurait entendu le son, puisque l'appareil
continuait à enregistrer le son ? Voilà pourquoi moi qui continuais
à braquer l'appareil sur lui, je croyais qu'il continuait
à filmer normalement. Si je m'étais douté une seule seconde
seconde que ce n'était pas le cas, on n'aurait pas eu la suite
de la conversation.
Le
plus étrange est qu'à un certain moment de la conversation,
après un conciliabule avec un de ses acolytes (venus dans le
champ quand l'appareil ne filmait plus) qui observaient scène,
il est entré dans une grand colère et exigeait que je lui remette
cet appareil. Je lui demande pourquoi et il m'apprend alors
ce que ses associés lui ont murmuré : l'appareil ne filmait
plus mais enregistrait la conversation. Il me somme alors de
lui remettre l'appareil en me donnant la raison : "Ma
voix est dans ton appareil", ou : "Tu as
capturé ma voix". Très étonnant !
Pour
plus de détails sur cette étrange vidéo et surtout sur
ce dialogue hallucinant (qui a été traduit et abondamment décodé,
expliqué, et commenté), voir le document Le
jour où j'ai rencontré Satan le Diable.