Le Démon : Mèwèkou
gnèdè appareil n’gou Je vais détruire ton appareil-là
(et il est allé chercher quelque chose à l’aile
Est de sa cour. D’où la question...)
HubertElie : Pour faire
quoi ?
Le Démon : Yélé mèngbézi
tangayou Attends que j’aille arracher cet objet-là
(par arracher ici il faut entendre aller dénicher
ou extraire d’un certain ensemble l’objet qu’il jugeait approprié pour
pouvoir atteindre l’appareil photo. C’est ce qu’il est donc
allé chercher à l’aile Est de sa maison...)
HubertElie : Pour faire
quoi ? Pour faire quoi ?
(et il revient très vite et en force avec un bâton
impressionnant...)
Le Démon : Mèngbèzou
appareil n’gou Je vais arracher cet appareil-là
HubertElie : Eh non !
Non ! Moi…moi je suis chez moi. Mèwèmèndè, Mèwèmèndè, Mèwèmèndè yo, Mèndèmèwè ! Eh
non ! Non ! Moi…moi je suis chez moi. Je suis chez
moi. Je suis chez moi, Je suis chez moi, entends-tu ?
C’est chez moi que je suis !
(à comprendre donc : « Je
ne suis pas chez toi, je ne suis pas venu t’agresser physiquement
chez toi. Tu n’as donc pas le droit de m’agresser physiquement
chez moi ! »).
Le Démon : Lizi
gnèdè appareil ! Retire ton appareil !
(à comprendre donc : « Cesse
de filmer »)
HubertElie : Mèndè…Mèndè… Mèndèmèwè ! C’est
chez moi…C’est chez moi…C’est chez moi que je suis !
(à comprendre donc : « J’ai
le droit de filmer ce que je veux chez moi». Il tape un premier
coup sur le mur en direction de l’appareil, et je fais un geste
de recul pour esquiver le coup. Mais Le Démon fait tournoyer
son engin et l’arme pour un second coup, avec une dextérité extraordinaire !
Je n’ai pas le temps de réagir, que le coup frappe et le mur,
et l’appareil et ma main. La violence du coup sur le mur a
occasionné un nuage de poussière qui a recouvert l’appareil
et ma main, mais je tenais toujours fermement l’appareil dans
la main, en visant la scène. Estimant que l’amortissement du
coup par le mur a épargné l’appareil d’un grave dommage, et
surtout du fait qu’il est toujours dans ma main, j’ai continué à filmer,
croyant que l’appareil fonctionne toujours normalement. Et
c’est alors que très curieusement, Le Démon cesse de frapper
et prononce de curieuses phrases que je ne comprendrai qu’après...)
Le Démon : Tassi liziou ! Filme
encore maintenant !
(me
faisant donc comprendre que l’appareil est maintenant hors d’usage….)
HubertElie : Mèndèmèwè.
Mèndèmèwè. C’est chez moi que je suis. C’est chez moi que
je suis…
(lui
faisant donc comprendre que je suis chez moi, donc je continuerai à filmer…)
Le Démon : Èèh, n’wègnèdè.
Lizi ! Oui, tu es chez toi. Filme donc !
(à comprendre donc : «Filme
donc, si tu peux encore le faire»).
HubertElie : Mèndèmèwè.
Mèndèmèwè… C’est chez moi que je suis. C’est chez
moi que je suis…
(donc je continuerai à filmer)
Le Démon : Ma liza
appareil ! J’ai supprimé l’appareil !
(littéralement : « J’ai
enlevé l’appareil », à comprendre donc : « J’ai
détruit l’appareil ». En effet, comment peut-on dire qu’on
a « supprimé » ou « enlevé » un appareil
que je tenais toujours dans la main, qui continuait à être
dirigé sur la scène, raison pour laquelle on continue à entendre
le dialogue comme si de rien n’était ? Étant donné qu’il
ne pouvait voir que la face de l’appareil et l’objectif, qui
ne présentaient aucune anomalie apparente, comment pouvait-il
savoir que l’appareil ne filmait plus, alors que moi qui le
tenais et qui avait l’écran de contrôle et les voyants de mon
côté je ne m’en étais pas aperçu tout de suite ?)
HubertElie : Mèndèmèwè. C’est
chez moi que je suis.
Le Démon : Lizi ! Filme
donc !
HubertElie : Mèndèmèwè. C’est
chez moi que je suis.
Le Démon : ???
(il
s’éloignait
vers l’entrée de sa chambre et vers des gens qui s’étaient
installés là et qui suivaient la scène. Apparemment des habitants
de la maison ou des gens venus lui rendre visite. Il prononça
des paroles que je n’ai pas déchiffrées jusqu’à présent, et
il n’est pas clair s’il adressait à moi ou à ces mystérieux
spectateurs. Mais ces paroles semblaient signifier qu’il était
satisfait de son exploit et du résultat qu’il voulait atteindre,
et que je ne savais pas qu’il avait atteint.)
HubertElie : Mèndèmèwè.
Mandikognèdè. Mèndèmèwè ma liziou photo. C’est chez moi que je suis. Je ne suis pas venu chez toi. C’est
chez moi que je suis et que je prends des photos.
Le Démon : ???
(encore
une série
de paroles difficiles à comprendre car dites de loin, et apparemment
en ne s’adressant pas qu’à moi, mais aussi à ces personnes
de sa connaissance.)
HubertElie : Mèndèmèwè.
Mèndèmèwè ma liziou photo. C’est
chez moi que je suis. C’est chez moi que je suis et que je
prends des photos.
(Il commence à expliquer les précédents à ces
personnes, puis apparemment agacé par mes répétitions : « Je
suis chez moi », et commençant peut-être à réaliser que
je voulais lui faire simplement comprendre qu’il m’a agressé physiquement
alors que je suis chez moi, il m’ordonne très durement…)
Le Démon : Ici !
Sors ici !
HubertElie : Maliou
malawé ? Je vais sortir pour quoi faire ?
Le Démon : Sors, non ?
HubertElie : Ma mèndèmèwè,
ma mèndèmèwè. Moi je suis chez moi, moi je suis chez moi.
Le Démon : Bè mama, ma nating
bè nono ! Mèndjéli ansaï na. Les pierres mêmes,
je vais te lapider avec des pierres mêmes, tout de suite même !
Et je vais donner ton cadavre aux blancs.
(Sous-entendu
donc, si je ne suis pas un peureux, et si j’ai le courage de sortir
l’affronter physiquement).
HubertElie : Mèndèmèwè.
Mèndèmèwè. Je suis
chez moi. Je suis chez moi.
Le Démon : Mambii
makling, n’wè déndé béé yo. Je suis puissant plus que toi,
là où tu es là.
(Littéralement : « Je suis plus
mûr que toi ». Mais au sens où il emploie le mot « mûr » et
qu’on emploie souvent en Kabyè, il laisse entendre qu’il me
dépasse en pouvoir. Quand on veut dire de quelqu’un qu’il a
de grands pouvoir occultes, on dit souvent en Kabyè : « È boua è sèè » ou « È bii è sèè » dans la variante du kabyè que parle Le
Démon. Cela signifie : « Il est mûr, et il est rouge »,
par allusion au fruit bien rouge parce qu’il est mûr. Mais
ici on parle d’être mûr en sorcellerie.)
HubertElie : Aah, zéro !
(pour
lui dire qu’il
n’est pas si puissant qu’il croit l’être).
Le Démon : N’zola,
dè n’yam déli noyou. Si tu veux, va me convoquer quelque
part.
(à comprendre : « Si
tu veux, va te plaindre à propos de moi, où tu en as envie »).
HubertElie : Maa yang. Ma hang…Ma
hang fénassi loubè. Tchaa gnèdè, tchaa béé n’na, tchaa béé.
Maa lè maa cong gnédè, mèndèmèwè, méwémèdè. Je ne te convoquerai nulle part. Je t’ai
donné…Je t’ai donné sept mois. Reste chez toi, reste-là où tu
es et tu verras, reste-là. Quant à moi je ne viendrai pas chez
toi, c’est chez moi que je suis, je suis chez moi.
(J’ai dit que je
ne le convoquerais nulle part, parce que je ne savais pas qu’il
avait endommagé l’appareil. Je ne le saurai que quand plus
tard je voulais revoir les images de la confrontation. Et puisqu’il
est si puissant pour détruire l’appareil, il n’a qu’à démontrer
maintenant sa puissance en fabriquant un appareil du même genre,
ou en réparant ce qu’il a détruit, ou en remboursant son prix.)
Le Démon : Gna n’wèmbio
n’guè éféléou, toi. Gnani gnèdè alouga, woloni bobjolo. Toi
tel que tu es, tu es un sorcier, vraiment ! toi. Toi et
tes démons, retourne près d’eux.
HubertElie : Ma mènguè éféléou
yo, gna n’wabam. Si moi je suis un sorcier, alors toi tu
es plus champion que moi en la matière.
Le Démon : Bagalou
bia, bagalnang ? Bagalna bia tchinè bagalnang ?
Hein ? Béa dong kakpasso bo bouzou kèè tom… On réprimande les
enfants, est-ce toi qu’on réprimande ? On a réprimandé ici les enfants, est-ce
toi qu’on a réprimandé ? Hein ? L’enfant marchait
et montait par ici et on lui demandait…
(il
veut faire comprendre que ce n’est pas de moi qu’il riait, qu’il réprimandait
ses enfants, et qu’un enfant marchait, on lui parlait, et il
est tombé, et il a ri de l’enfant et non pas de mes propos.
Soit. Mais alors quand moi je filmais sans mot dire derrière
mon mur, et qu’il est sorti de sa chambre pour avancer dans
la cour, lui ai-je demandé quelque chose ? Lui ai-je demandé pourquoi
il riait de moi ? Est-ce que je le connaissais ?
Est-ce que je savais qui rait ? Est-ce que je savais si
c’est lui ou quelqu’un d’autre dans la cour ou dans une des
chambres ? Il posait un faux problème à mon sens, c’est
pour cela que je poursuivais avec ce qui est le vrai fond du
problème…)
HubertElie : Ma
mènguè éféléou yo, gna n’glam. Si moi je suis un sorcier,
alors toi tu me dépasses en la matière.
Le Démon : Hmm ?
HubertElie : Yé mènguè éféléou yo, gna n’guè mèndè wiyowou. Si
moi je suis un sorcier, alors tu es mon roi en la matière.
Le Démon : Mazi li la ! Je dis sors donc !
HubertElie : Maliou malawé ? Mèwèmèndèè !
Gna dido nwègnèdè yawé ? Èbè tchèyoung yo ? Èbè tchèyoung ? Je vais sortir faire quoi ? Je suis chez moi,voyons !
Toi aussi tu es chez toi, n’est-ce pas ? Qu’est-ce qui
te gêne alors ? Qu’est-ce qui te gêne ?
Le Démon : N’zimam ? Tu me connais ?
(question
très
lourde de sens. Il ne s’agit pas de demander si je connais
son identité, s’il s’appelle un tel ou un tel. Mais cela signifie
si je sais qui il est ou ce qu’il est profondément. À cela
je ne réponds pas pour l’instant, mais je poursuis sur les
questions pertinentes que je lui pose et qu’il évite jusque
là… )
HubertElie : Manzé gna gnèwègnèdè, mèndjèki mèndè photo
na. Èbè tchèyoung ? Èbè tchèyoung ? Bidjèyoung swé ? Je
dis que toi tu es chez toi, et moi je prends mes photos à moi.
Qu’est-ce qui te gêne ? Qu’est-ce qui te gêne ? Cela
te gêne, pourquoi ?
Le Démon : Gnagnou ni liling, Gnagnou ni liling la … ??? Tu
as de la chance, tu as de la chance, vraiment… ???
(la
fin du propos n’est pas claire pour moi. Je poursuis mon interrogatoire,
pour qu’il s’explique sur le fond du problème…)
HubertElie : Manzéé, maa lè, mèwèmèndè, mèndjèki mèndè photo
na. Mènvèini droit yawé ? Gna gnèwègnèdè. Gna gnèwègnèdè…Je
dis : moi je suis chez moi, et je prends mes photos à moi.
N’ai-je pas le droit ? Et toi, tu es chez toi, tu es chez
toi…
Le Démon : …Boucoup ta tention avec toi.
HubertElie : Hein ?
Le Démon : Oui !
(il
essayait de dire quelque chose en français, que j’ai voulu comprendre.
J’entends quelque chose comme : « Boucoup ta tention
avec toi » ou « Boucoup ta tention sur toi ».
Je crois qu’il voulait me dire quelque chose comme : « Je
te conseille de faire beaucoup attention avec moi ». Mais
comme ses paroles n’étaient pas claires, j’ai poursuivi mes
questions sur la ligne principale, l’objet même du conflit.
Je suivais depuis le début le même fil de pensée, et je ne
me laissais pas détourner vers des considérations belliqueuses,
vers ses provocations, injonctions, défis, invectives, menaces,
insultes, etc. Il m’entraîne sur un terrain sur lequel je ne
veux pas aller. Mais je l’oblige plutôt à répondre enfin à mes
questions concernant le fond du problème, je l’oblige à me
faire comprendre ce qui le gênait au point de m’attaquer physiquement
chez moi et aussi violemment.)
HubertElie : Mèwèmèndè, mèndjèki mèndè photo na. Gna
gnèwègnèdè. Bnang nwé ? Bnang nwé ? Mènvèini droit
si mèndjèmèndè photo na ? Je suis chez moi et je prends
mes photos. Toi tu es chez toi. En quoi cela te regarde ?
En quoi cela te regarde ? N’ai-je pas le droit ?
(la
question se pose d’autant plus que je ne savais pas qui riait, donc je
n’avais aucune raison de le filmer spécialement, alors que
je ne le connaissais pas. C’est celui qui riait et ses rires
qui m’intéressait. Si ce n’est pas de moi qu’il rait alors
c’est moi qui aurait été idiot de filmer des rires banaux,
sans rapport avec moi. C’est mon temps et mon film que je gâche.)
Le Démon : Mon doma n’labim filmé guè ? Mon doma n’labim
filmé ? Est-ce que je t’ai demandé de me filmer ?
T’ai je demandé de me filmer ?
(voilà enfin qu’il
répond à ma question et dit ce qui le gêne. Nous voilà donc
au cœur même du problème. Selon lui je suis sorti pour le filmer,
et c’est cela qui le gêne. Mais la vérité est que quand de
l’intérieur de ma maison, derrière mon mur et par-dessus mon
mur j’ai commencé à prendre des photos du décor sud de ma maison,
qui d’ailleurs sont ratées, il était dans sa chambre. Comme
il n’y avait pas de mouvement dans la cour vide et que je n’entendais
plus des rires, je ne filmais pas. Quand il est sorti de sa
chambre j’ai commencé à filmer mais en visant le coin droit
de sa maison et un champ de maïs voisin, donc dans la direction
sud-ouest. Ce sont les éventuels rires ou paroles en ma direction
qui m’intéressaient. Si les gens mènent normalement leur vie
ou passent leur chemin sans s’occuper de moi, de mes discours
dans ma cour, ou de ce que je fais chez moi, comme il le prétend,
alors où est le problème ? Il s’est avancé vers le champ
de l’appareil sans dire mot, et il n’y avait aucun échange
de parole. On n’entendait alors que le son d’un coq ou d’une
poule, sans doute les miens dans le poulailler juste derrière
moi. Quand il est entré dans le champ et s’est arrêté, j’ai
cessé de filmer. Quelle raison de viser spécialement, de photographier
ou de filmer un inconnu, s’il n’y a aucune raison de le faire ?
C’est quand il a commencé à me demander des comptes, à se mettre
en colère, à m’ordonner de cesser de filmer (alors que je ne
filmais plus), à menacer de détruire mon appareil, etc., que
j’ai recommencé à filmer. C’est donc lui qui m’a fourni une
bonne raison de le filmer spécialement. C’est mon droit de
filmer celui qui m’agresse ou d’enregistrer les paroles du
conflit, pour garder la preuve de l’agression ! C’est
ce que je m’efforçais de lui faire comprendre par la suite.
Je n’avais aucune raison de le filmer spécialement au début,
puisque je ne le connaissais même pas. Je faisais mon discours
habituel et je condamnais celui qui se moque alors qu’on parle
de Dieu, sans le nommer par son nom, puisque je ne savais pas
comment il s’appelle. Je parlais en général et j’ai dit exactement
ceci : « Toi qui te moques quand tu entends un homme
parler de Dieu, ce n’est pas de l’homme que tu te moques, mais
de Dieu. Tu montres alors que tu es un enfant du Diable, un
démon, car seul un démon peut rire quand il entend parler de
Dieu. Mais l’enfant de Dieu ne se moque pas quand on parle
de Dieu, mais il prête attention à ce qui est dit. J’ai entendu
les rires venir de la maison au sud de la mienne, comme cela
s’est déjà produit plusieurs fois déjà depuis un certain temps,
quand je fais mes discours. Je ne sais pas si c’est le propriétaire
de la maison lui-même qui se moque ainsi quand il entend parler
de Dieu ou si c’est un des locataires. Mais peu importe qui
rit. Toi qui te moques, tu manques tout simplement du respect
au Dieu qui t’a donné le souffle avec lequel tu ris. Aujourd'hui
je vais prendre mon appareil et enregistrer les rires de celui
qui se moque de Dieu, pour que les enfants de Dieu monde entier
sachent reconnaître un démon, celui qui se moque quand on parle
de Dieu. » C’est donc ce que j’ai dit avant de demander à mon
fils d’aller prendre l’appareil et de me le donner, pendant
que je me dirigeais vers le mur et dans le secteur d’où venaient
les rires que j’ai entendus. Franchement, je ne retire pas
un seul mot de ces paroles, et si elles sont à redire, je les
redirais exactement ainsi ! De telles paroles ne peuvent jamais blesser
un enfant de Dieu, même s’il rit et qu’on l’accuse faussement
de se moquer de Dieu alors que ce n’est pas de Dieu qu’il riait,
et même si c’est des paroles de Dieu qu’il riait vraiment.
Ce que j’ai dit le fait alors se ressaisir et réaliser que
ce qu’il a fait est mauvais. Et il demandera pardon au Dieu
qui lui a donné son souffle, il lui demandera de lui pardonner
d’avoir ri en entendant parler de lui et de sa Parole. Mais
mes paroles ne peuvent que blesser un démon, un enfant du Diable.
Seul lui peut être piqué au fond de lui-même au point d’en
vouloir à celui qui parle, de chercher un prétexte pour l’affronter
directement et physiquement. C’est la simple vérité. Il prétend
que je me suis présenté à mon mur pour le filmer spécialement,
comme si je le connaissais avant ou comme si je savais que
c’est lui qui avait ri. Si son rire ne me concernait pas et
mes paroles sur Dieu, il y a une façon de le dire et de le
demander, qui n’était pas la sienne. Il peut me dire qu’il
a le droit de rire chez lui sans que je considère que c’est
de moi qu’il rit. Alors je m’en serais simplement excusé en
disant que je pensais que c’est de moi et de mes paroles sur
Dieu qu’il riait, et l’affaire se serait arrêtée là. Et il
peut aussi me dire que c’est de moi qu’il rit et que c’est
son droit, alors je lui aurais répondu aussi que c’est mon
droit d’enregistrer celui qui rit de moi, car se moquer de
quelqu’un est une atteinte à sa personne. Et il peut aller
jusqu’à dire qu’il peut rire d’un simple homme mais pas de
Dieu, car il considère que ce simple homme n’est pas Dieu.
Alors cela aurait été encore toute une autre affaire. Je dis
très souvent à haute voix dans mes discours des paroles comme
celles-ci : « Si tu te moques d’un simple homme,
ce n’est pas grave, car tu seras pardonné. Si tu vois un fou
et tu ris de lui parce qu’il est fou, et qu’il parle comme
un fou, ce n’est pas grave. Mais seulement, respecte au moins
le Dieu qui a fait le fou et toi-même. Et si tu respectes vraiment
Dieu, il y a une limite dans les moqueries à l’égard du simple
homme ou du fou. Tu riras parce qu’il dit et fait des choses
de fou, des choses qui font rire. Mais tu seras pardonné parce
que tu n’as pas ri de lui avec méchanceté, tu respectes au
moins la dignité de cet être humain, tu te dis qu’il est un être
humain comme toi, et ce qui lui est arrivé peut t’arriver aussi.
Mais si tu vois ce simple humain ou ce fou tenir la Bible,
si tu l’entends parler de Dieu, alors respecte-le au moins à cause
de la Bible et de Dieu dont il parle. Car Dieu peut te parler
par l’intermédiaire d’un fou, et si tu ne respectes pas le
fou pour ce qu’il dit, alors c’est toi qui es fou sans le savoir. » Ainsi
donc, s’il dit se moquer d’un simple homme ou d’un fou mais
pas de Dieu, ce ne serait pas grave, et je lui aurais simplement
rappelé ce genre de paroles que je dis très souvent dans mes
prêches et mes discours moralisateurs. Mais il faut que ses
mobiles, ses intentions et sa nature profonde soient autre
que ce qu’il prétend pour qu’il réagisse autrement. Les paroles
des prophètes, de ceux qui disent la pure et simple vérité divine,
de ceux qui font connaître la morale de Dieu, ont toujours
dérangé ceux qui sont vraiment des ennemis de Dieu, quand bien-même
ils disent croire en Dieu. Ce n’est pas pour rien qu’on a toujours
tué les prophètes, car leur paroles révèlent tout le mal et
le mauvais que les ennemis de Dieu ont au plus profond de leur être.
C’est cela le vrai fond du problème ici. Il n’y avait pas de
raisons pour que ce que j’ai dit dans ma cour et ce que je
faisais derrière mon mur prenne cette tournure avec celui s’est
adressé à moi, surtout qu’on ne se connaissait pas et qu’il
n’y a jamais eu auparavant de conflit ouvert entre lui et moi.
Il n’y a que si ce que je dis et fais le blesse parce qu’il
est ce que je condamne, qu’il peut réagir de cette façon. Si
on condamne les démons et les sorciers, et si vous n’êtes pas
un démon ou un sorcier, alors ce qu’on dit ne vous concerne
pas. Et si on condamne un mal et si vous ne faites pas ce mal,
ce qui est dit ne vous concerne pas non plus. Et si vous pensez
qu’on vous accuse injustement pour un mal que vous ne faites
pas, alors il y a une façon de démontrer la faute de celui
vous accuse faussement et de lui demander de s’excuser, qui
n’est pas du tout celle de mon interlocuteur. Si son intention était
vraiment de comprendre pacifiquement ce que je faisais, il
l’aurait compris. Mais sa façon était de toute évidence de
provoquer une confrontation, ce qui se perçoit tout au long
de ses propos et des défis qu’il me lançait. C’est très flagrant,
quand on compare la nature de ses paroles, leur teneur, avec
les miennes. Il est évident que c’est lui qui m’attaquait et
que moi je ne faisais que me défendre et défendre ce qui est
mon droit à mes yeux. Quand il est sorti de sa chambre, il
a bien vu que je ne le visais pas. C’est pourquoi il est allé dans
le champ de l’appareil pour espérer me mettre en faute et dire
que je le filmais contre son gré. Et il ne disait rien quand
il avançait. Si vraiment c’est lui que je visais spécialement,
comme il l’affirme, il me l’aurait demandé dès qu’il est sorti
de la chambre et il m’aurait demandé pourquoi je le filme,
et il aurait eu raison. Et aussi, si quand je me suis présenté à mon
mur il était assis dans sa cour et que j’ai commencé à le filmer,
l’appareil dirigé sur sa personne et les siens, alors il aurait
aussi raison. Mais il savait très bien que la situation n’était
pas comme cela, et c’est pour cela qu’il n’a rien dit, jusqu’à ce
qu’il entre lui-même dans le champ de l’appareil, pour créer
artificiellement la faute et déclencher la bagarre. Il ne faut
donc pas mettre la charrue devant les bœufs. C’est pourquoi
je ne cessais de lui dire que je suis chez moi et je prends
mes photos sans au départ le viser spécialement. Alors qu’est-ce
qui le gênait vraiment ? Oui, si mes discours sur Dieu,
les diables et les sorciers, sur la morale, sur le bien et
le mal, etc., ne le touchaient pas dans ce qu’il est profondément,
s’il n’est pas concerné quand je parle de ceux qui me causent
des nuisances occultes chez moi, s’il était si innocent que
cela à mon égard comme il le prétendait, alors qu’est-ce qui
le gênait à ce point pour qu’il m’agresse physiquement si violemment chez
moi ? Quand bien même il considère que je l’ai provoqué en
faisant de lui l’objet de mon film, rien ne justifie ses actes
de violence sur mon mur, sur ma personne et sur mon appareil.
Moi je tiens l’appareil dans ma main, il n’est pas sensé savoir
quand est-ce qu’il est en marche et quand est-ce qu’il ne l’est
pas, quand est-ce que je filmais et quand est-ce que je ne
filmais pas. À moins de me voir avec un KINAOU, il n’avait
aucune raison de supposer que je le filmais, et de me demander
si j’ai fini de le filmer justement au moment où je ne le filmais
plus. Comment pouvait-il savoir cela ? J’ai des raisons
de me mettre à mon tour en colère, car j’ai justement arrêté de
filmer quand il est entré de lui-même dans le champ du film
que je prenais. C’est pour cela même qu’on n’a pas entendu
le début de notre conversation puisque je ne le filmais pas
en ce moment. Je me suis trouvé même piégé, car justement c’est
quand j’ai cessé de filmer pour mettre maintenant l’appareil
en mode photo qu’il s’est tourné vers moi pour commencer à me
demander des comptes. Sans cela on aurait suivi le début de
la conversation, la manière dont il a déclenché la confrontation,
ce qui aurait été encore plus éclairant sur ses mobiles et
les raisons pour lesquelles il est sorti dans la cour pour
entrer dans le champ de mes images. C’est donc lui-même qui
m’a donné ensuite une sérieuse raison de faire de lui le centre
de mes images, car il m’indiquait qu’il était sorti pour moi
et à cause de moi. Si vous prenez les images d’un décor ou
d’un voisinage, si vous enregistrez une ambiance, et qu’un
passant vienne entrer dans le champ de l’appareil, ou bien
vous continuez de prendre vos images en vous disant qu’il ne
fait que passer et donc qu’il ne sera qu’un figurant dans vos
images, qu’un élément
du décor ou du voisinage, ou bien vous considérez que son image
ne vous intéresse pas, et alors vous arrêtez de prendre vos
images en attendant que le passant sorte du champ et passe
son chemin. Dans les deux cas vous n’êtes pas en faute. Mais
que dire maintenant si le passant, une fois en plein dans le
champ de l’appareil, s’arrête et s’adresse à vous en vous demandant
si vous avez fini de le prendre en image, entendant par là que
vous le provoquez avec votre appareil ? Alors c’est tout
simplement lui qui vous provoque, qui cherche un motif de se
confronter verbalement avec vous, et même physiquement !
L’individu inconnu qui est sorti de sa chambre ne concernait
apparemment pas mes activités et les objectifs que je visais,
puisqu’il avançait tranquillement comme moi aussi je prenais
tranquillement mes images. Quand il est entré au centre de
mon film, j’ai éteint l’appareil et je le réglais sur le mode
photo, pour prendre quelques images fixes et retourner au milieu
de la cour ou dans les pièces. Sa question de savoir si j’ai
fini de le prendre en images est une question hautement de
piège. Si je m’étais douté de là où cela allait nous entraîner
et ce dont cette question était le germe, j’allais simplement
répondre : « Oui j’ai fini » et j’aurais mis
fin à cet échange qui commençait pour reprendre mes activités
que j’ai laissées pour venir là. Cela m’a rappelé le scénario
du 8 juin 2006 avec Yawa ma mère, qui lui-même est la reproduction
du piège du 19 avril 2006 avec Clarisse ma petite sœur. Celle-ci
avait envoyé des messagers me délivrer un message apparemment
innocent. Mais celui qui sème cela sait où il veut en venir.
Parce que je ne me suis pas assez méfié, cela a entraîné une
grave confrontation ce jour-là . Suite à cela, la mère m’a
téléphoné pour m’insulter et dire que je suis un Sorcier chassé de
France. Ceci venait s’ajouter à une très longue liste d’offenses à mon égard,
qui ont de par la passé engendré de graves disputes familiales, à Kétao
et à Pagouda. Cette fois-ci je voulais en finir, et la solution était
simple : m’enfermer chez moi et faire mon travail tranquillement,
en coupant tout lien avec les membres de la famille qui me
causaient tant de problèmes. En clair, après une série de personne
avant elle, j’ai décidé que la mère n’était plus la bienvenue
chez moi, après ces insultes au téléphone. Quand elle s’est
présentée ce 8 juin à la porte, me femme m’en a averti, et
ma première idée était simplement de lui faire dire que je
ne la recevrais pas. Mais j’ai commis l’erreur de vouloir lui
faire comprendre pourquoi. Je me suis présenter alors à la
porte pour lui demander ce qu’elle vient faire chez le Sorcier
chassé de France. Vient-elle pour que le Sorcier la tue ?
C’était la pure et simple vérité. Mais quand on commence une
discussion avec un démon ou avec quelqu’un rempli de démons
qui le possèdent, on est entraîné dans un engrenage infernal
et de fil en aiguille on arrive à une situation qui fera regretter
de lui avoir répondu ! En effet, ce qu’il a semé aura
alors germé et grandi, à sa grande satisfaction. La parole
qu’on lui a adressée est alors celle avec laquelle on a commencé à creuser
sa propre tombe. Dans le cas de la mère, j’étais loin de me
douter que l’engrenage infernal dans lequel j’étais tombé allait
m’emmener à être enfermé ce jour-là au commissariat de Pagouda
par le commissaire AGOUDA Tchabodjo qui a très mal géré cette
affaire, et surtout allait m’entraîner à être jugé au Tribunal
de Pagouda, alors que la vraie victime est moi ! Sans
la Gendarmerie de Pagouda, qui a fait le travail que n’avait
pas bien fait le commissaire AGOUDA Tchabodjo, je serais peut-être
encore aujourd'hui en prison, avec une vie complètement détruite
par les démons, et surtout avec mon travail pour Dieu anéanti !
C’est cela leur objectif caché, et c’est ce qui se cache derrière
tout ce qui se passe et me concerne. Oui, le travail que je
fais ici les dérange, parce que ce travail démasque ce qu’ils
sont. Alors il faut éviter
de tomber dans un piège tendu par un démon, pour amener à une
confrontation physique avec lui. C’est lui qui gagnerait pour
l’instant dans une telle confrontation, car pour l’instant
le monde voit en lui un simple être humain, alors que moi je
vois le démon qu’il est. À l’abris des regards, je subis des
provocations occultes chez moi, dans le but de m’amener à les
crier au grand jour, donc à entrer en conflit ouvert avec lui,
là où il est présentement le plus fort. Si je l’accuse de mal
et le condamne, les gens ne savent pourquoi, puisque les faits
sont occultes, dans les ténèbres, à l’abris des regards. Alors
pour eux le provocateur c’est moi. Par exemple, je ne connaissais
pas physiquement mon interlocuteur, je ne connaissais même
pas son nom. Il n’y a donc jamais eu de contact physique entre
lui et moi, un problème qui pouvait physiquement et directement être
constaté par la Gendarmerie ou la Justice. C’est pourquoi je
ne pouvais jamais porter plainte contre lui pour un fait concret.
Et pourtant Dieu seul sait que sur le plan spirituel, lui et
moi on se combat depuis ma présence ici ! C’est grâce à Dieu
que les attaques occultes de sa part et de celle de ses semblables
n’ont pas jusqu’ici atteint leur objectif. C’est pourquoi dans
mes discours je leur ai dit que dans au plus sept mois, ce
qu’ils sont et font commencera à être révélé au grand jour,
et alors commencera leur jugement, non pas de la part des hommes,
mais de la part de Dieu. Mais le démon a toujours intérêt présentement à provoquer
une confrontation physique. Comme la preuve scientifique n’est
pas encore établie qu’il est un démon, alors on risque fort
d’être fautif dans ce qu’on fait ouvertement contre lui, car
alors on passe pour être le provocateur et non pas la victime !
C’est une vieille stratégie des démons à laquelle je ne suis
que trop habitué maintenant. Quelque chose a été semé la veille
chez moi et dans mes activités à Kara. Ils savent que je suis
le seul à les reconnaître comme la cause cachée de ce qui se
passe. Quelque chose a été encore semé chez moi ce jour-là,
et à toutes ces attaques spirituelles mes répliques sont aussi
spirituelles. Ma Bible est une très grande arme chez moi, je
sors dans ma cour avec elle pour faire mes discours, pour dévoiler
au grand jour ce qui se passe en cachette. Celui qui n’est
pas un démon ou un sorcier n’a pas à être vexé par les vérités
que je prononce, et dont j’ai fourni quelques exemples plus
haut. Au contraire il est heureux de me voir moraliser le voisinage,
et surtout de condamner les démons et les sorciers. Mais au
démon ainsi démasqué spirituellement et piqué au plus profond
de lui-même par la Parole de Dieu, il ne reste que les moqueries
et la recherche d’un conflit physique pour avoir une raison
d’abattre physiquement l’homme de Dieu. Ça aussi c’est vieux
comme le monde, et c’est ainsi que Jésus de Nazareth s’est
retrouvé crucifié à Golgotha. Et la technique du démon est
toujours la même : le piéger par ses paroles. Jésus a
su très habilement éviter ces pièges des démons, jusqu’au jour
où il a enfin dit ce qu’ils voulaient l’entendre dire pour
avoir le motif de l’abattre. Et dans mon cas, j’aurais dû deviner
que la question du démon qui s’est présenté dans le champ
de mon appareil pour me demander si j’ai fini de le prendre
en images, alors que j’ai arrêté l’appareil, était le début
d’un engrenage infernal à l’avantage
du démon. À son avantage ? Ou au contraire cela a permis
de le démasquer pleinement ? Un démon et ennemi qu’on
ne connaissait pas et qu’on pouvait saluer dans la rue et même
boire et manger avec lui quelque part, a un très grand avantage.
Mais le jour où on le connaît physiquement comme tel, il perd
ce grand avantage, car on sait désormais à quoi s’en tenir
avec lui. Quand l’individu jusque là inconnu est sorti de sa
chambre, est entré dans le champ de l’appareil et a commencé à me
demander des comptes, il a tout simplement commencé à se révéler à moi.
Quand il m’a demandé si
j’ai fini de le prendre en images alors que j’avais arrêté l’appareil,
je l’ai rallumé pour le prendre en photo, car j’ai alors compris
qu’il est en fait sorti pour me rencontrer. Et cette première
photo le montre bien ayant tourné la tête vers moi pour me
parler, bien à l’extrémité droite de sa cour, dans la direction
sud-ouest, dans la ligne de mire d’un champ de maïs, qui est
la direction initiale visée par l’appareil. Et si on observe
bien ces premières images assez brèves, on s’aperçoit qu’en
avançant, il s’est retourné une première fois pour regarder
l’appareil et ce que je faisais. Mais il n’a rien dit en ce
moment-là, car apparemment il a vu qu’il n’était pas encore
assez entré dans le champ de l’appareil, pour pouvoir m’accuser
de le filmer spécialement et contre son gré. Le seconde fois
qu’il se retourne, alors il est vraiment en plein au milieu
de l’image, ce que montre la photo. Sa tête est alors en plein
dans le champ de maïs, qui est toujours resté aussi le champ
de l’appareil, avant qu’il déclenche la bagarre. Et on peut
remarquer qu’entre l’extrémité droite de son bâtiment et le
champ de maïs que je visais, il y a un sentier qui va derrière
sa maison et chez le vieux Kataka, qui est de la famille de
ma mère. C’est cette famille de la mère qui lui a donné a sa
famille le terrain sur lequel il habite. Ce terrain allait
de sa maison jusqu’à la porte nord de mon domicile. Mais cette
donation est très traditionnelle, et n’est pas enregistrée
par les autorités légales, la mairie par exemple. Quand on
a bénéficié de genre de donation non enregistrée légalement,
le propriétaire terrien reste toujours en fait propriétaire,
et la dite donation est une sorte de prêt de terrain. Cela
veut dire que le terrain sur lequel j’habite présentement et
qui est maintenant ma propriété légale, était officieusement
la propriété de sa famille. Les négociations avec les propriétaires
terriens se déroulaient chez le vieux Kataka derrière chez
lui, et nous empruntions ce sentier pour aller justement à ces
négociations. Moi je ne voulais pas de ce genre de donation,
et j’ai proposé d’acheter mon terrain en bonne et due forme,
ou au moins qu’il me soit cédé par donation légale, contre
une somme convenu avec ma mère, qui m’a amené à construire
dans cet endroit si dangereux ! Ces négociations furent
très houleuses mais mon objectif d’acquérir ce terrain auprès
des propriétaires d’une manière très légale et officielle a
fini par être atteint. Pendant les négociations, on m’a informé que
mon voisin au sud était très mécontent que ce qu’il considérait
comme sa propriété soit maintenant la mienne. Je savais donc
que j’avais dans le voisin au sud un ennemi potentiel, ce qui
explique mes distances à son égard. En deux ans, je n’ai jamais
eu à le connaître, alors que j’ai pris des photos du voisinage
pour situer le contexte pour les futurs lecteurs de mes travaux à Pagouda.
Il est fort possible que j’aie eu à le saluer dans mes allers
et venus dans le quartier ou ailleurs, sans le connaître et
sans savoir s’il est propriétaire de cette maison ou un locataire.
Mais il serait très étonnant que lui ne me connaisse pas physiquement,
car moi je suis étranger dans le coin, et tout le monde connaît
le nouveau venu, mais le nouveau venu ne connaît pas tout le monde. J’ai toujours
cherché discrètement à connaître celui dont on m’a dit qu’il était
mécontent qu’une partie de son terrain soit maintenant ma propriété légale.
En effet, c’est très dangereux de ne pas connaître quelqu’un
qui a une si grande raison de vous haïr, dans un milieu où l’on
hait très facilement le prochain sans cause, par envie, par
envie ou simplement par méchanceté. Et que dire alors s’il
a une raison particulière ? Mais les problèmes dans le
milieu dont l’origine est ma propre famille même m’ont emmené à prendre
des distances avec les voisins, à l’exception de ceux à l’ouest.
Mais l’avenir va montrer que c’est un grand tort de leur accorder
cette confiance ! C’est pourquoi je n’ai jamais connu
ce voisin du sud, et que lui non plus n’a pas cherché à se
faire connaître clairement à moi. Depuis deux ans, c’est le
seul voisin immédiat que je ne connais pas visuellement. Je
peux donc dire que c’est le jour où il s’est lui-même avancé dans
le champ de mon appareil s’est mis en plein dans la visée,
au niveau de ce sentier que j’ai déjà emprunté pour aller chez
Kataka, dans la ligne du champ de maïs et du domicile de mon
oncle Benoît aujourd'hui décédé, que j’ai commencé à le connaître.
Et de plus je l’ai connu parce qu’il m’a parlé et qu’il s’est
présenté à moi dans la discussion. S’il avait passé son chemin,
je n’aurais jamais su que c’est lui le propriétaire. J’aurais
pu considérer que c’est un locataire ou un membre de sa famille. À une
certaine époque, je savais qu’un certain Pyabalou, fils du
voisin au sud-est, habitait là-bas, et c’est le seul que je
connaissais dans cette maison, et qui fait que je suppose qu’il
y a des locataires. Et je ne sais même pas s’il habite toujours
là-bas. Il m’avait fait comprendre dans une allusion qu’il
s’attendait que je lui donne le courant électrique, comme cela
se fait couramment. J’ai fait comprendre à tous que je ne souscris
pas à cette pratique. J’ai proposé qu’ils cotisent entre eux
pour s’abonner à un compteur, et se distribuer le courant entre
eux comme bon leur semble. Je leur ferais cadeau du branchement
sur la ligne que j’ai construite à mes frais, mais la moindre
des choses est qu’ils supportent les frais du compteur commun,
qu’ils installeraient chez celui d’entre eux qu’ils veulent.
Le reste est leur problème, ils s’arrangeraient entre eux pour
se distribuer le courant et payer la facture de consommation
relative à leur compteur commun. Mais aucun fil ne sortirait
du compteur de mon domicile pour aller chez l’un d’entre eux,
comme ils s’y attendaient. Et à la fin du mois, je ferais le
tour de chacun d’eux pour qu’ils me paient leur consommation
sur mon compteur. Cela je l’ai refusé, car je n’étais pas venu
là pour ce commerce-là, et de plus c’était se chercher des
problèmes dans ce milieu à haut risque, chose que j’évitais.
C’est l’une des raisons de plus de m’en vouloir dans le voisinage.
Et pourtant je leur ai offert un branchement gratuit sur ma
ligne ! Mais ils voulaient que le riche venu de France
avec sa femme blanche et ses enfants métisses tire des fils
de chez lui pour aller chez eux, et leur offre le courant gratuitement.
Je savais donc que mon courant est entre autres l’une des raisons
des animosités à mon égard. Je le savais, car certains d’entre
eux me l’ont même dit. Ils m’ont dit que ma mère leur a expliqué que
c’est parce qu’elle me demandait de donner du courant à tous
et que je refusais qu’on s’est querellé ce 8 juin 2006 devant
tous dans le voisinage. Or la raison de la querelle était toute
autre. C’est ce qu’on appelle en kabyè « attraper son
fils et donner aux sorciers pour qu’ils le tuent », si
toute fois ce ne sont ces sorciers eux-mêmes qui ont inventé ces
propos de la mère pour atteindre leur propres objectifs. Dieu
seul sait les nuisances occultes que je vis dans ma maison.
Au début je soupçonnais beaucoup ma propre famille, je me confiais à mes
voisins, et je leur disais tous mes soucis et mes secrets.
Mais le sorcier qui vous nuit est plus proche que ce vous ne
le pensez, et c’est celui que vous accueillez chez vous, à qui
vous vous confiez, avec qui vous plaisantez et mangez, qui
est essaie en fait de vous tuer. Et vous avez un voisin avec
qui vous n’avez eu aucun problème ouvert, que vous ne connaissiez
même pas, ni de nom, ni de vue. Mais Dieu seul sait ce qu’il
vous faisait dans les ténèbres. Vous saviez seulement que le
propriétaire de cette maison n’était pas content que le terrain
où vous habitez soit votre propriété légale. Voilà pourquoi
aussi j’avais des raisons supplémentaires d’enregistrer l’ambiance
autour de moi et de mes activités. Sans tout cela, on ne peut
pas vraiment comprendre tout ce qui se cache dans ce conflit
du 12 août 2007. L’appareil est dirigé sur un sentier et un
champ de maïs. Ce voisin inconnu jusqu’alors laisse croire
qu’il est complètement innocent à l’égard de celui qui tient
l’appareil et de ses activités. Qu’il dise que ce n’est pas
de moi qu’il riait ce jour-là, passe encore. Qu’il dise qu’il
ne s’est jamais moqué de mes paroles dans ma cour, je veux
encore l’accepter. Mais la chose est très simple : Je
ne lui ai pas demandé pourquoi il rait de moi, car je ne le
connaissais pas et je n’étais pas sensé savoir que celui qui
est sorti de sa chambre est celui dont j’ai entendu la voix.
Il avançait tranquillement dans sa cour sans rien me dire,
et moi je filmais tranquillement chez moi, en direction du
sentier et du champ de maïs, sans rien lui demander. Et il
s’arrange pour se positionner en plein dans l’image, pour avoir
des raisons de déclencher le conflit, prétendant que je le
filmais. Puis il s’est mis à m’ordonner de cesser de filmer, à me
menacer de détruire mon appareil. Après avoir subi ses gestes
de violences et ses invectives au début, assommé par ce phénomène
que je découvrais et auquel je ne m’y attendais pas, bégayant
et ne faisant que répéter que je suis chez moi, je commence à retrouver
mes esprits, à le soumettre à un interrogatoire très pertinent, à lui
faire connaître mon réquisitoire, le réquisitoire de Dieu.
Il commençait à réaliser son tort, le fait qu’il s’est piégé lui-même
croyant me piéger, le fait qu’il dévoilait lui-même ce qu’il
est profondément. Il ne lui restait qu’à me tendre un autre
piège, à me lancer des défis physiques, pour me faire sortir
de chez moi pour aller le rencontrer chez lui. Il voulait que
je lui offre une vraie raison de dire que je l’ai vraiment
attaqué chez lui. Je suis idiot, certes, mais pas à ce point.
Je crois que je commence à avoir un peu d’expérience avec les
démons en chair et en os, pour avoir eu souvent à les affronter
et à tomber dans leurs pièges. Que mon Dieu Existence me garde
désormais de ce genre d’erreur. La chose est très simple :
Je suis chez moi, et je prenais mes photos sans viser spécialement
quelqu’un que je ne connaissais pas. C’est à la gendarmerie
que j’ai appris qu’ils s’appelle N’zolwé N’labréou. Auparavant,
sa femme avait dit au gendarme venu le convoquer qu’il s’appelle
Tchilabalou, et il a fallu que le gendarme se fâche pour qu’elle
dise comment son mari s’appelle. En effet, c’était comme si
elle ne le connaissait pas, qu’on lui demandait l’identité de
quelqu’un qui n’habite pas cette maison, auprès d’elle. Cette
identité fluctuante fait que je ne suis même pas sûr qu’il
s’appelle N’zolwé N’labréou. L’idée ne m’est pas venu de demander
confirmation de son nom auprès des membres de sa famille venu
chez moi le 15 août me supplier de le gracier du remboursement
de l’appareil qu’il a détruit. Selon eux, son geste est pure
bêtise et comportements d’un insensé. Mais pour moi, quelqu’un
capable de savoir de loin si un appareil filme ou ne filme
pas, et surtout de savoir qu’il a détruit l’appareil et qu’il
ne filme plus, alors qu’aucun signe extérieur ne le montre
et que moi-même qui manipulais l’appareil je ne le savais pas,
n’est pas le simple bête et idiot qu’on veut me faire croire
qu’il est. Il s’agit de tout un autre phénomène, que l’appareil
a lui-même magistralement dévoilé en se sacrifiant ! Ses
meilleures images sont celles de sa propre mort ! Il a
atteint sont but ultime : faire voir un Démon en chair
et en os ! Mais moi je ne savais pas qu’il ne filmait
plus, j’ai continué à le braquer sur la scène, croyant continuer à filmer
le conflit. Mais il n’enregistrait plus que le son et notre
discussion. Le Démon m’a demandé : « Est-ce que je t’ai demandé de me filmer ? T’ai je demandé de
me filmer ?», prétendant
ainsi que c’est moi qui l’ai provoqué en le filmant spécialement,
et contre son gré. C’est donc ici le point crucial de l’affaire,
et cela méritait toute cette analyse pour y voir très clair.
Et d’ailleurs la suite même de la conversation éclaire très
amplement l’affaire, car ce que je lui disais et les questions
que je lui posais sont l’essentiel même de tout ce que j’ai
expliqué. Le choc dissipé, ayant retrouvé mes esprits, ma colère
monte et ma parole implacable commence à couler à flot, mais
sans le provoquer, sans l’insulter, sans lui lancer des défis
physiques, sans l’attaquer personnellement, sans le menacer
de manière plus ou moins voilée, comme lui le faisait à mon égard.
Mais je le faisais simplement raisonner, en lui démontrant
sa faute concrète qui révèle ce qu’il est profondément. Et
acculé, lui-même de sa propre bouche continue à révéler ce
qu’il est…)
HubertElie : Hein ? Manzéé,
maa lè, mèwèmèndè, mèndjèki mèndè photo na. Gna gnèwègnèdè.
Hein ? Bnang nwé ? Bnang nwé ? Bidjèyoung swé ? Mongom
gnèdè yawé ? mongom gnèdè taayo mèndjèki mèndè photo na yawé ?
Mèndèmèwè mèndjèki mèndè photo. Yé gnadido n’zola yo, kpa gnèdè appareil
n’djè photo na, ni n’djèbim photo. Hein ? Je dis que, moi, je suis chez moi et je prends
mes photos. Toi, tu es chez toi. Hein ? En quoi cela te
regarde ? En quoi cela te regarde ? En quoi cela
te dérange ? Suis-je venu chez toi ? Suis-je venu
dans ta cour pour prendre mes photos ? C’est chez moi
que je suis et que je prends mes photos. Si toi aussi tu le
veux, prends ton appareil et prends tes photos, et prends-moi
en photo.
Le Démon : N’ta gnim ?
N’tagnim déou yo. Tu ne me connais pas ? Tu ne me connais
pas vraiment.
(face aux arguments qui le bombardent,
il essaie une fois encore de détourner le fil du principal,
pour le ramener sur le terrain des menaces à peines voilées.
Une fois encore il me dit que je ne le connais pas, et il ne
parlait évidemment pas de son identité. Car comment pouvait-il
savoir si je ne me suis pas renseigné auparavant pour le connaître ?
Il veut évidemment dire que je ne sais pas qui il est et ce
qu’il est profondément. Il veut me faire comprendre que si
je le savais, je n’oserais pas me mesurer à lui. Tout bon kabyè comprend
très facilement le sens profond de ces questions. Ces paroles
sont dans le même registre que celles par lesquelles il me
disait qu’il est plus puissant que moi. En clair, nous sommes
toujours dans le thème de la sorcellerie, qu’il a déjà évoqué mais
sans l’appliquer à lui-même directement, mais pour m’accuser
en tant que de sorcier et pour parler de mes démons. Ça c’est
ce qu’il dit dans ses propos clairs. Mais dans ses propos voilés,
il me fait comprendre que j’ai toutes les raisons de le craindre
dans ce domaine, car il me dépasse.)
HubertElie : Manzéé...Je
dis que...
Le Démon : Manzi n’tagnim
déou yo. Je dis que tu ne me connais pas vraiment.
(en disant : « Je dis que… »,
je poursuivais mon idée principale sans tenir compte de ses
nouvelles menaces cachées. Je voulais lui répéter mes dernières
questions au cas où il n’aurait pas bien compris ce que je
voulais lui dire. Alors il insiste lui aussi pour que je comprenne
bien le sens de ses derniers propos.)
HubertElie : Manzéé...Oh, magnimang
hoho hoho. Magnimang hoho. Mandigniming Esso gnimang. N’niwa ?
Mandjazé, yé mandigniming, Esso gnimang, Esso zimang hoho hoho. Je dis que... Oh,
je te connais depuis longtemps, longtemps. Je te connais depuis
longtemps. Si je ne te connais pas, Dieu te connaît. As-tu
compris ? Je veux que tu saches ceci, si je ne te connais
pas, Dieu te connais, Dieu te connais depuis longtemps, longtemps.
(dans le kabyè standard, « académique »,
celui réglementé par les missionnaires catholiques, et qui
est avec l’Éwé l’une des langues nationales au Togo, celui
que je m’efforce de parler et
de transcrire dans mes écrits, on dit « zima » ou à la
rigueur « sima » pour signifier « savoir » ou « connaître ».
Le nom du président togolais « Essozimna », qui signifie « C’est
Dieu qui sait », est exprimé dans ce kabyè officiel. Mais
dans le patois que parle mon interlocuteur, on dit « gnima » pour
signifier « savoir » ou « connaître ».
Tout au long de notre discussion, je parle un kabyè hybride
pour m’adapter à lui et pour me faire bien comprendre de lui,
au lieu du kabyè « académique ». C’est pourquoi je
dis « magnimang » et « Esso gnimang » au
lieu de « mazimang » et « Esso zimang »,
pour dire « je te connais » ou « Dieu te connaît ».
Je termine ma déclaration dans le kabyè standard en disant : « Esso
zimang hoho hoho » ou « Dieu te connaît depuis
très longtemps».)
Le Démon : N’gom tchinè wiri
maning diyoa ? Depuis que tu es-là, toi et moi nous
sommes-nous querellés ?
(mon interlocuteur lui non plus ne me
connaissait pas comme il croyait me connaître. C’est à lui
de commencer à découvrir le phénomène que je suis, la puissance
qu’il ignore et qu’il sous-estime. Il croyait me faire peur
et me terroriser comme les diables, les démons et les sorciers
menacent et terrorisent et tyrannisent depuis longtemps leur
prochain sans pouvoir et sans défense spirituelle face à eux.
Il a compris le sens de mes paroles quand je lui ai dit : « Oh,
je te connais depuis longtemps, longtemps», ce qui signifie
depuis très longtemps. Il commence sans doute à se demander
comment je le connais et à quel point. Et j’insiste ensuite
sur l’idée que Dieu le connaît depuis longtemps. Il a compris
qu’une fois encore il se piège lui-même en s’engageant sur
le terrain spirituel, en croyant me faire peur en évoquant
ses pouvoirs occultes. Mais moi je m’en réfère à un Pouvoir
et à une Puissance bien supérieure à la sienne : Dieu !
S’il osait encore poursuivre sur ce terrain spirituel, j’allais
le prendre à ses propres mots, et il n’allait faire que dire
clairement de sa propre bouche ce qu’il est profondément et
qu’il cache aux hommes. Comme ce qu’il dira par la suite va
le montrer, il réalise en ce moment-là que l’appareil n’était
pas complètement détruit, qu’il continuait à enregistrer ses
paroles. Il a donc bel et bien été dominé par une puissance
supérieure à la sienne, il était capturé, et il se livrait
lui-même en s’engageant sur le terrain des menaces occultes.
Alors il tente de faire marche arrière et de revenir sur le
terrain normal, en me demandant si depuis que je suis là est-ce
qu’on s’est déjà querellé ? Maintenant que j’ai dit que
je le connais depuis longtemps, et aussi que Dieu le connaît,
il se demande à son tour ce qui peut se cacher dans ces déclarations,
quelle preuve je peux avoir contre lui. Il revient sur le terrain
de l’innocence à mon égard, et met en avant le fait qu’il n’y
a jamais eu de conflit ouvert entre nous, comme si ceci était
une preuve absolue que lui et moi on ne s’affrontait pas déjà sur
un autre terrain, à l’abris des regards. Comme il me faisait à plusieurs
reprises par sous-entendus des menaces occultes, moi aussi
je lui révèle par sous-entendus ce que je sais qu’il est, même
si je ne le connaissais pas physiquement, et même si je ne
connaissais même pas son nom. J’attends aussi des menaces occultes
claires pour que je lui dise aussi clairement ce qu’il est,
comme je l’ai déjà dit à d’autres personnes dans le voisinage.
Je continuais donc sur le terrain occulte sur lequel il nous
engageait encore, un terrain très glissant pour lui, car il
se faisait prendre lui-même. Mais il insistait pour faire volte-face
pour revenir sur un terrain normal…)
HubertElie : Manzéé... Je
dis que…
(pour lui répéter que je le connais autrement,
depuis longtemps, et que Dieu le connaît aussi, depuis longtemps…)
Le Démon : N’gom tchinè wiri
maning diyoa ? Depuis que tu es-là, toi et moi nous
sommes-nous querellés ?
HubertElie : Manzéé, manzéé,
... Je dis que, je dis que…
Le Démon : Manzi n’gom
tchinè wiri maning diyoa ? Je dis que depuis que tu
es-là, toi et moi nous sommes-nous querellés ?
(là c’est clair, il ne voulait plus continuer
sur le terrain occulte, et il ne voulait pas entendre de nouveau
mes paroles sur ce point. Alors puisqu’il insiste pour revenir
sur le terrain normal et dire que le fait qu’on ne se soit
jamais querellé est la preuve de son innocence à mon égard,
de l’absence de toute action de nuisance à mon encontre. Alors
je le prends une fois encore à ses propres paroles et je reprends
mon fil initial duquel il m’avait détourné pour faire ses menaces
voilées.)
HubertElie : Èlè, èlè, ma
lizi photo, bidjèyoung swé yo
? Bidjèyoung swé ? Alors, donc, je prends des photos, en
quoi cela te gêne alors ? En quoi cela te gêne ?
(oui la simple question est : s’il
n’y a pas eu de querelle ouverte entre nous avant, pourquoi
toute cette violence parce que je prends des photos ?
En quoi ces photos peuvent-ils le déranger à ce point ?
La question se posent d’autant plus que comme je l’ai démontré amplement,
et on peut voir cela en revoyant le début du film, je ne le
visais pas spécialement, il est venu entrer lui-même dans le
champ de l’appareil ! Discuter avec un démon est très
fatigant, car on tourne en rond sans avancer, parce qu’il ne
veut pas se laisser prendre, d’un côté comme de l’autre !
Si on fait son jeu, si on le suit dans ses pirouettes incessantes
pour s’échapper, on
n’arrivera à rien de concluant. C’est pour cela qu’il faut
garder le cap et le ramener dans le fond du problème, et alors
la vérité commence à sortir… )
Le Démon : N’djèlim,
n’djèlim bidè film n’gou. Tu vas me remettre le film de
l’appareil.
(étrangement, il réclame maintenant le
film. Au début il m’a dit des choses comme : « Tu
es chez toi, filme encore maintenant », et « Filme
donc ! », et il a cessé de taper sur mon mur en
direction de l’appareil pour le détruire, et il m’a annoncé : « Ma
liza appareil !», pour dire qu’il a mis hors d’usage l’appareil.
L’appareil ne prenait plus les images, et c’est pour cela que
dans toute la suite cela ne le gênait plus que je tienne dans
la main et que je vise la scène. Et pourquoi maintenant
il réclame le film de l’appareil ? Ce sont les nombreux
mystères que cachent ce dialogue avec cette personne, qui ne
veut pas dire clairement ce qui le gêne vraiment, car ce qui
le gêne est d’une nature qu’il ne veut pas clairement exprimer.
Moi je lui fais comprendre que je n’ai rien à cacher aux hommes,
donc cela ne me gêne pas qu’il me filme comme je le fais. Au
contraire, cela me ferait même plaisir qu’il y ait des images
et des enregistrements extérieurs qui montrent ce que je dis
ou fais ici à Pagouda et au Togo. Les faux témoignages des
humains, qui peuvent mentir et déformer la vérité, me gênent
beaucoup plus que les enregistrements fidèles que ferait un
appareil de mes faits et gestes et paroles.)
HubertElie : Manzéé, manzéé… Je dis que, je
dis que…
Le Démon : ???
(là je touche un point clef, il ne me
laisse plus finir mon idée, il parle en même temps que moi
et de loin, près de ses mystérieux amis qui suivaient la conversation,
dont l’appareil ne pouvaient pas enregistrer les images. Il
dit de loin une série de paroles obscures que j’aurais voulu
clairement déchiffrer. Comme je ne le comprenais pas pour lui
répondre, comme il ne s’exprimait pas clairement près de moi,
je poursuis mon idée sans me laisser détourner…)
HubertElie : Manzéé, bidjèyoung
swé ? Bidjèyoung swé ? Gna dido kpa gnèdè appareil n’lizim
photo. Ma, maa kizou, n’bizou n’lizim photo. Kpa gnèdè appareil n’lizim photo. Manzéé, yé gna, n’biza si
n’gba gnèdè appareil n’lizi ma dido photo. Maa tong zi blabizima
n’djèkim photo. . Kpa gnèdè appareil n’lizim photo. Je dis,
en quoi cela te gêne ? En quoi cela te gêne ? Toi
aussi prends ton appareil et prend-moi en photo. Moi, je ne
refuserais pas, tu peux me prendre en photo. Prends ton appareil
et prend-moi en photo. Je dis, toi à ton tour, tu peux prendre
ton appareil pour me photographier toi aussi. Je ne te demanderai
pas pourquoi tu me prends en photo. Prends donc ton appareil
et pren