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ou Théorie universelle des ensembles ou Théorie de l'Universalité
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La croisade anti-secte en France :
quand le remède est pire que le mal !

 

Qu'est-ce qu'une secte en France

Faire peur avec les petites sectes pour faire avaler les sectes officielles

Voir aussi :
Un exemple des dérives de la lutte anti-secte en France

 

Qu'est ce qu'une secte en France ?

Deux poids, deux mesures...

Supposons qu'en France l'on vous parle en France sans la nommer d'une certaine organisation à laquelle des gens sont liés par un besoin, matériel, spirituel, affectif ou autres. A cause de ce besoin ou à cause d'autres choses, les membres ne sont pas libres de la quitter comme ils le voudraient. On vous dit que des membres y connaissent un mal-être, subissent des pressions. Et enfin, on vous dit que c'est à ce point que 25 membres de l'organisation se sont suicidés en moins de deux ans. A quoi cela vous fait penser ? Franchement ? Est-ce la secte Waco ? L'Ordre du Temple Solaire ? L'Eglise de Scientologie ? Les Mormons ? Les Témoin de Jéhovah ?

Non, je viens tout simplement de décrire la situation à France Télécom, qui a défrayé la chronique ces derniers temps. Exactement aussi comme le procès de l'Eglise de Scientologie. Mais seulement voilà : dans le premier cas, il ne viendra à l'idée de personne en France d'employer le mot "secte" en parlant de France Télécom, et on a raison ! On se contente simplement de parler de ce qui passe de mal dans cette entreprise, et éventuellement de la condamner ou ses dirigeants pour ces faits.

Mais que les mêmes choses se passent en France dans une certaine association qui porteraient des noms comme "Le jardin de la fraternité", L'entreprise du bien-être", "La société du bonheur", "Désirs d'avenir", etc., et là on dégaine le mot "secte" plus vite que son ombre ! Et même pire, il n'est pas nécessaire qu'il y ait des suicides dans une telle association, ni même que qu'un porte plainte pour harcèlement moral. Du simple fait en France de porter ce genre de nom en France (alors qu'il n'y a pas mort d'homme ou de femme...), cela suffit pour être taxé de "secte" ! La preuve :

Lutte anti-secte en France Lutte anti-secte en France

Pour être accusé de violer la laïcité à la française,
ou, pire, pour être qualifié de secte en France,
il suffit par exemple, si on est hébergé par un centre social,
d'avoir un sac-à-main sur lequel il y a cette étiquette :
"Hubertelie, Science de l'Existence, Science de Dieu, http://hubertelie.com".

(voir Un exemple des dérives de la lutte anti-secte en France)

Insupportable hypocrisie !

Mais pour ma part, je comprends ce que c'est que condamner France Télécom parce que l'entreprise est en cause dans le suicide ou le mal-être d'une ou plusieurs de ses membres (dans ce cas on utilise le mot "employé...). Je comprends par exemple ce que ce serait de condamner les Témoins de Jéhovah d'imposer à ses membres de ne pas acceper des transfusions sanguines. Et encore une telle condamnation serait très discutable, mais je comprends le principe de condamner une personne physique ou moral pour avoir enfreint une des lois du pays. Et pour la même raison je comprends parfaitement que l'Eglise de Scientologie soit condamnée pour "escroquerie en bande organisée". Je comprends que l'on condamne une association pour être une organisation criminelle, pour employer des méthides criminelles ou malhonnêtes, répréhensibles, etc. Et ceci est valable exactement de la même manière, que la personne soit une entreprise, un média, l'état, une institution, un parti politique, une association, etc. Le reste est de savoir si cette condamnation est fondée ou pas, mais là encore ce n'est pas le fond du problème, car je veux dire que c'est limpide pour moi que l'on condamne une personne pour une certaine violation de la loi. Et à elle de plaider non coupable, de se défendre, etc.

Mais je ne comprends que l'on puisse juger une personne parce qu'elle est une "secte". D'autant plus si l'on fanfaronne que le droit français ne définit pas la notion de "secte", que la république laïque ne reconnaît aucune religion donc n'établit aucune frontière entre la religion et la secte (ce n'est théoriquement pas son affaire !). Dans ce cas il ne reste que la qualification de crime ou de délit pour toute personne, physique ou morale, et l'affaire est réglée !

Mais au lieu de cela, il y a une gigantesque hypocrisie, un décalage ahurissant entre les bons principes affichés et la réalité des faits. On joue sur les mots, on dit que l'on ne lutte pas contre les "sectes" mais contre les "dérives sectaires" (rôle de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires ou Miviludes actuellement dirigée par Georges Fenech), et qu'on ne fait aucune reconnaissance de religion, etc. Or on ne fait que cela dans la réalité ! On ne parle que de "sectes" et du fait que l'on refuse à telle ou telle association le statut de "religion" ou de "culte", tandis que d'autres en bénéficient.

Cette vaste hypocrisie et ce grand flou savamment entretenue au plus haut niveau. Il appraît dans la pratique que lle mot "secte" est un mot creux, volontairement forgé ainsi, chargé uniquement d'émotions et de toutes les PEURS, qui sert à combattre tout et n'importe quoi (comme cela arrange ou comme cela dérange), à mener une croisade contre tout ce à quoi on attribue ce qualificatif. Cela laisse la place à toutes les dérives possibles et imaginables, très souvent PIRES que le mal que l'on prétend combattre. La preuve est que cela permet de qualifier de "secte" une personne qui a un sac-à-main sur lequel on peut lire : "Hubertelie, Science de l'Existence, Science de Dieu".

Faire PEUR avec les petites sectes pour faire avaler les sectes officielles

Depuis que j'entends en France tout ce bruit que l'on fait autour de l'Eglise de Scientologie par exemple, je m'imaginais que c'est un mouvement qui devrait représenter des centaines de milliers de membres, ou même que la France en serait littéralement envahie, submergée. Mais j'ai été très récemment supris d'apprendre que cette association ne représente que moins de 10 000 personnes en France (et même seulement 3 à 6000 membres), contre environ 150 000 par exemple pour les "terribles" Témoins de Jéhovah (cas que je connais assez bien). Mais avouons que par rapport aux 60 millions de français, ça fait très léger 10 000 ou même 150 000. J'aimerais savoir combien cela représente en comparaison des trafiquants de drogue, des maffieux, ou des autres fléaux de la société, et Dieu sait qu'il y en a ! Malgré tout ce que je peux reprocher aux Témoins de Jéhovah, très honnêtement, je préfère de loin vivre dans une ville avec uniquement 100 000 Témoins de Jéhovah qu'avec seulement 1 maffieu, ou avec 10 exemplaires de Georges Fenech (w) !

En France, le mot "secte" est sans doute parmi ceux qui fédèrent toutes les peurs collectives, souvent justifiées, mais bien plus souvent irrationnelles, paradoxales, démeusurées par rapport à bien d'autres fléaux de la société. Je ne me trompre pas de beaucoup en disant que les mots "maffia" ou "drogue" ne suscitent pas autant de peurs.

Dans l'imaginaire collectif, une secte, c'est un monstre sournois, un Diable sans visage ou qui a tous les visages potentiels, qui guette et menace un peu partout chacun de nous, cherchant sa prochaine victime. Il avance masqué, prêt à se jeter sur sa proie qui ne se serait pas assez méfiée. Le temps qu'elle réalise ce qui lui arrive, elle est piégée, enchaînée, sequestrée mains et pieds liés. Elle se retrouve au fond d'un trou, coupée du reste du monde et de la civilisation. Elle est transformée en automate ou en légume, elle est vidée de sa cervelle, assujettie à quelque obscure idéologie, et ne fait désormais que la seule volonté (et/ou la richesse) d'un gourou ou d'un groupe de gourous.

Il ne reste à la pauvre victime d'une secte que l'espoir (ou l'espérance) d'être un jour sauvée par d'"angéliques" libérateurs du genre de Georges Fenech (w) (président de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires ou MIVILUDES (w)) ou de tous ceux qui militent dans des associations anti-sectes, comme par exemple l'UNADFI (w) (Union Nationale des Associations de Défense de la Famille ou de l'Individu Victimes des Sectes). "La France est un des pays les plus engagés dans cette lutte en Europe et à l'origine de positions controversées qui lui valent quelques critiques, y compris de l’Assemblée parlementaire européenne".

Les sectes sont une réalité, un vrai fléau de la société, qu'il ne s'agit évidemment pas de nier. Mais je veux simplement dire que ce n'est pas ce qui est en général présenté les plus grands dangers en France qui constituent ce qu'il y a de pire ! Il faut aussi ramener les choses à leur juste proportion, et se demander à qui profite toute cette agitation autour des sectes, qu'est-ce qu'on nous empêche de voir pendant que nous avons nos attentions braquées sur ce que l'on présente comme ce qu'il y a de pire pour la France ? Il faut pas se trouver en train de filtrer les moustiques mais d'avaler des chameaux.

Tout le monde est conditionné pour faire bloc et l'hunamité dans cette croisade anti-secte, contre des françaises et des français dont souvent le seul tort est de représenter une certaine minorité spirituelle ou d'avoir une vision de la vie et du monde différente des canons que l'on veut imposer à tous. Beaucoup sont culpabilisés et se retrouvent montrés du doigt comme des gens malveillants ou des dangers pour la société, alors qu'ils ne vivent que leur spiritualité.

Tout n'est pas la Secte de Waco. Pour parler de ce que je connais le mieux, je peux dire par exemple que malgré tout ce que je peux reprocher aux Témoins de Jéhovah, ils n'ont absolument rien à voir avec l'Ordre du Temple Solaire. Seule une méconnaissance de la réalité ou une mauvaise foi peut conduire à faire des amalgames.

C'est très inquiétant dans une démocratie la manière dont les émissions et les débats ont lieu dans les médias en France au sujet de la question des sectes. Par exemple, les émissions "C dans l'air" sur France 5 du 19 mai 2009, lors de la sortie du dernier rapport de la Miviludes sur les sectes, de même que l'émission du 3 août 2009. A chaque fois, l'illustre invité était évidemment Georges Fenech.

Mais comme c'est d"habitude le cas dans ce genre d'émission, y avait-il sur le plateau quelqu'un pour apporter vraiment un débat contradictoire ? Qui pour modérer les amalgames plus que traditionnels que l'on fait sans arrêt dans ce genre de débats ? Qui pour relever les nombreuses contre-vérités ou exagérations que l'on débite ? Si vous êtes un ancien adepte invité, comme par exemple Nicolas Jacquette le 3 août (un ex-Témoin de Jéhovah comme moi), pouvez-vous vraiment contredire une inexactitude et une énormité dite par un autre sur le plateau ? Pouvez-vous dire par exemple :" Il est vrai que l'on peut reporocher ceci ou aux Témoins de Jéhovah, mais par contre pour cela je ne vous le laisserai pas dire, car ils n'ont pas ce défaut-là ?" Est-il facile d'avoir le courage d'émettre cette objection pour éclairer le débat dans des émissions où en général on est là pour apporter de l'eau au moulin de la pensée unique, pour prêcher ce qu'on a envie d'entendre et non pas pour contredire et rectifier les erreurs ? Oui, est-il facile d'aller à contre-courant et d'émettre une fausse note dans la pensée unique ? Si on le fait, on passe pour défendre la secte alors qu'on veut simplement établir la vérité.

Par exemple, comment peut-on à la fois reprocher aux Témoins de Jéhovah de ne pas prendre part à la vie citoyenne ou politique (car ils refusent idéologiquement de voter et à plus forte raison d'exercer eux-mêmes une fonction politique) et en même temps les accuser de constituer un inquiétant réseau politique d'influence infiltré dans les institutions de la république et ayant un quelconque rôle occulte, comme par exemple les scientologues ou les francs-maçons ?

Ce qui d'un côté constitue un défaut ou un reproche peut constituer une qualité d'un autre point de vue, et vice-versa. Il faut rendre à chaque "secte" son défaut et avoir l'honnêteté de ne pas lui attribuer les défauts d'une autre. Il ne faudrait pas charger un mouvement de tous les défauts ou de tous les maux (ou entretenir savamment suspicions et fantasmes), tout simplement parce que l'on parle d'une "secte".

Si on est un ancien adepte et qu'on est invité pour témoigner dans ce genre, on a l'obligation d'être un témoin à charge et seulement cela. Si on dit la moindre chose positive sur la secte, cela paraît suspect et on passe pour être encore sous son emprise et pour n'avoir pas été complètement désintoxiqué. Le témoignage perd alors sa crédibilité. Il faut dire ce qu'on a envie d'entendre, quitte à exagérer, à noircir le tableau ou à mentir carrément. Sinon, on s'expose à entendre une remarque du genre de celle faite par Georges Fenechà l'ancien adepte Témoins de Jéhovah Nicolas Jaquette ce 3 août 2009 : " Vous ne dites pas tout..."

Echapper aux "gourous" des Témoins des Jéhovah pour être sous la coupe d'un gourou officiel, un gourou de la république du genre de Georges Fenech, c'est tomber de Charybde en Scylla !


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