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Hubertelie à la France

Science de l'Existence

ou Théorie universelle des ensembles ou Théorie de l'Universalité
Nouvelle Science, nouvelle vision du Monde, de l'Existence, de l'Univers, de la Nature, de la Vie, de Dieu
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La France ne peut rien pour vous

Une dernière fois, Monsieur Scapin, la France ne peut vraiment rien pour nous?

La guerre d'Alexandre au Togo contre la Science de Dieu
-> "Va voir un psy, avant que Martine, Alexis et Lauriane n'en pâtissent"

-> Le pire de la civilisation occidentale dans une peau noire
-> Quand le Diable lui-même ruine la scolarité et l'avenir de mes enfants
-> Derrière tout cela se cache une guerre idéologique

La guerre de Clarisse à Pagouda pour déouiller un homme de ses biens
-> 11 septembre 2004 : je m'envole pour le Togo

-> 20 septembre 2004: je quitte Lomé pour Kétao
-> Fin 2004: la mère me demande de construire une maison pour elle à Pagouda
-> Avril: 2005: le cauchemar de la maison de Pagouda et le salon de coiffure "Don de Dieu"
-> 19 mai 2005: J'ai commencé à faire comprendre que la maison de Pagouda serait notre habitation
-> 11 juillet 2005 : ma famille arrive de France pour habiter avec moi à Pagouda
-> Janvier 2006 : une donation de notre terrain contre la construction promise à la mère
-> 19 avril 2006: "Tu es un fou à qui il ne reste plus qu'à se déshabiller pour circuler nu dans Pagouda"
-> Le 20 avril 2006: le guet-apens évité au commissariat de Pagouda. Rencontre avec Monsieur Scapin
-> 8 juin 2006: "Tu es un fou, un sorcier chassé de France!"

Les diables du Pagouda et du Togo l'ont rêvé, et les diables de Verdun et de France l'ont accompli!

Documents associés:
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Si c'est moi VOTRE Problème, alors maintenant la solution est simple!

"Une dernière fois, Monsieur Scapin, la France ne peut vraiment rien pour nous?"


Consulat de France au Togo

Pagouda le 8 Juin 2006

- Allô ? Monsieur Scapin ? C’est Monsieur Abli-Bouyo de Pagouda. C’est pour vous dire que je viens de sortir de prison. Le commissaire de Pagouda ne voulait pas enregistrer notre plainte pour provocation à domicile, et quand il a accepté enfin de le faire, c’était pour rédiger un procès-verbal accusateur, pour me faire dire ce que je ne disais pas. Ma femme et moi nous contestions et exigions que son procès-verbal soit conforme à nos dépositions. C’est alors qu’il s’énerve, et il ordonne de m’enfermer. On m’a enlevé mes chaussures, ma montre, mon téléphone portable, et on m’a enfermé.

- On vous a rendu vos affaires à votre sortie ?

- Quand on me les a enlevées, j’ai demandé qu’on les remette à ma femme, ce qui fut fait. Mais là n’est pas le fond du problème. Le problème est qu’on m’a enfermé alors que je viens porter plainte, au même titre que la partie adverse. Je trouve cette incarcération abusive, il se passe des choses très anormales, et nous sommes lésés dans nos droits. Nous avons besoin du soutien de l’Ambassade de France pour faire respecter nos droits.

- Mais malheureusement la France ne peut rien pour vous, car c’est une question de droit togolais et de justice togolaise, qui concerne un citoyen togolais…

- Mais qui est aussi un citoyen français…

- Mais l’affaire se passe au Togo, donc c’est le droit togolais qui s’exprime dans ce cas-là, et vous êtes soumis à ce droit.

- D’accord, mais n’existe-t-il pas un droit supérieur, le droit international, le droit de l’homme, qui protège un citoyen français au Togo, et qui fait que ce citoyen ne peut pas subir n’importe quoi dans ce pays ?

- On n’est plus au temps de la colonisation, le Togo est un état souverain, et la justice est souveraine. Vous êtes soumis au droit et à la justice du pays dans lequel vous êtes. Un chinois en France est soumis au droit français et à la justice française, et la Chine ne peut rien pour lui s’il est impliqué dans une affaire franco-française. De même votre affaire est purement togolo-togolaise, et c’est le Togo qui la gère.

- Vraiment ? Excusez-moi, Monsieur Scapin, alors que signifie cette information portée sur la carte d’immatriculation des résidents français au Togo : « Le titulaire de cette carte est placé sous la protection consulaire de la France » ?

- La France vous protège dans une affaire qui implique la France, ce qui n’est pas le cas de la vôtre.

- Vous voulez donc me faire croire que vous, Monsieur Scapin commissaire divisionnaire au SCTIP, citoyen français au Togo et membre du corps diplomatique français au Togo, si un petit voyou togolais vous agresse dans la rue et va se plaindre contre vous comme étant l’agresseur, si quelqu’un au Togo porte une plainte mensongère contre vous et vous accuse d’une grave faute, la police togolaise peut vous emprisonner comme moi, sans que la France ne puisse quelque chose pour vous ?

- Tout à fait…

- Et vous voulez vraiment me faire croire cela ?

- Je vous dis que le Togo est un état souverain.

- Et la France ne peut vraiment rien pour nous dans notre situation ?

- Je crains malheureusement que non.

- On peut donc massacrer ou lyncher toute une famille française au Togo sans que la France puisse rien pour elle.

- C’est cela même.

- Alors pourquoi quand il y a des troubles dans un pays, comme c’est souvent le cas en Afrique, la France dépêche l’armée pour veiller à la sécurité des ressortissants français et pour les évacuer ?

- Mais la France ne va quand même pas mobiliser son armée pour venir régler une affaire privée impliquant un citoyen français à Pagouda, hein, Monsieur Abli-Bouyo ?

- D’accord, mais je ne demande pas l’intervention de l’armée française à Pagouda pour nous sauver, mais je demande s’il n’existe pas une assistance juridique à l’Ambassade de France, pour AIDER un citoyen français victime d’une injustice. Le droit togolais punit une faute et un commissaire togolais applique théoriquement ce droit. Mais que se passe-t-il si par incompétence, sous mauvaise influence, ou pour toute autre raison, le commissaire vous accuse d’une faute que vous n’avez pas commise, et vous incarcère abusivement ?

- Alors adressez une plainte auprès du procureur de la république qui couvre le lieu des faits. Et je crois qu’il y a un procureur à Kara. Écrivez-lui pour porter plainte contre le commissaire. Il n’y a que cela que vous pouvez faire.

- Une dernière fois, Monsieur Scapin, la France ne peut vraiment rien pour nous ?

- Hélas non. Désolé.

- Merci, Monsieur Scapin.

- Au revoir monsieur.

Après cet échange téléphonique, j’ai dit à ma femme et à mes enfants : «Le Togo nous maltraite, et j’ai le plaisir de vous annoncer que la France ne peut rien pour nous. On peut nous lapider ici, on peut nous égorger ici, la France ne peut rien pour nous. Qui nous reste-t-il maintenant pour nous sauver ?» Et ma fille Lauriane (6 ans) répond : L’Existence. Aujourd'hui, elle dirait : l'Univers TOTAL, ce qui pour nous veut dire...DIEU!

La guerre d'Alexandre au Togo contre la Science de Dieu...

"Va voir un psy avant que Martine, Alexis et Lauriane n'en pâtissent"

Avril 2004 en France. J'étais alors un enseignant de mathématiques et sciences en lycée professionnel en France. Alexandre POUYO est un frère au Togo. Nous sommes de même mère biologique (Yawa Colette ANATE), et pas de même père biologique, mais nous avons été élevés par le même père officiel, Ambroise ABLI-BOUYO, qui est le père biologique d'Alexandre. Mais pour une raison qui ne regarde que lui, il a préféré se nommer POUYO, qui est l'ancien patronyme de la famille avant 1974. Il est un cadre au PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement). Il était mon correspondant et confident privilégié au Togo.

En 2004, j'informe pour la première fois Alexandre que je faisais des recherches dans les fondements des sciences, et que je travaillais à une nouvelle théorie, la Théorie universelle des ensembles. Cette théorie est fondée sur un nouveau paradigme: l'Univers TOTAL, qui remet en question les paradigmes des sciences actuelles. Le nouveau paradigme a pour conséquence que non seulement la question de Dieu n'est plus exclue de la science, mais que Dieu est au coeur même de la nouvelle science. C'est pourquoi donc la Science de l'Univers TOTAL peut tout naturellement être applelée aussi la Science de Dieu. D'ailleurs son ancien nom dans l'ancienne version du site que voici est: "Science de l'Existence, Science de Dieu". C'est la version du site créée à Pagouda en 2007.

Quand en 2004 j'ai commencé à parler de la Science de Dieu à Alexandre, les hostilités ont alors commencé avec lui. Il me dit que je devenais tout simplement fou. "Va voir un psy, me recommande-t-il, avant que Martine, Alexis et Lauriane n'en pâtissent", me dit-il. Celui qui était jusque là un frère et un confident va devenir très vite un terrible ennemi de cette Science de Dieu et de son frère tout simplement. Au paroxysme de cette guerre menée par Alexandre contre moi, j'ai appelé à mon secours l'Ambassade de France, et sa réponse fut: "La France ne peut rien pour vous".

Le pire de la civilisation occidentale dans une peau noire...

Alexandre et moi nous sommes des Kabyè. Un Kabyè authentique ignore la notion d'athéisme. Le fait de dire que Dieu n'existe pas ou qu'il n'existe pas de divinité est inconcevable pour lui. Le Kabyè authentique est en communion avec les ancêtres, les esprits, l'au-delà. La nature est vénérée, elle a un caractère sacré. Et aucun Kabyè digne de ce nom ne dira pas que le Kinaou, le Hama, les Aléwa et les Aféla sont des légendes ou des superstitions.

Je me définis comme étant la parfaite synthèse du meilleur des deux cultures (africaine et occidentale), synthèse que l'on peut résumer par Dieu d'un côté et la Science de l'autre. Mais Alexandre est la synthèse du pire des deux cultures. Plus exactement, il est tout le pire de la civilisation occidentale dans une peau noire. Etant Kabyè, il ne peut pas vraiment être un athée au sens occidental du terme. Mais n'empêche qu'intellectuellement, dans son schéma de pensée, dans sa vision des choses, il est tout simplement athée.

A cause de la Science de Dieu, Alexandre fera de notre vie au Togo tout simplement un enfer. En avril 2004, il me disait en France que cette science n'est qu'un "amalgame où se mêlent ma mathématique, ma religion et ma vie privée". La religion à laquelle il faisait allusion est tout simplement mon ancienne religion des Témoins de Jéhovah. Trois mois après ces propos d'Alexandre, celle-ci m'a violemment exclue à cause de cette science. Et au fil des mois et des années, cette science se détachait de plus en plus non seulement de toutes les conceptions des Témoins de Jéhovah, mais tout simplement de toutes les conceptions chrétiennes ou religieuses traditionnelles de Dieu. La preuve.

Et si j'en suis venu à parler de ma vie privée dans mes écrits qui expliquent cette science, c'est tout simplement à cause de tout ce que je subis depuis le début à cause de cette science, d'abord de la part des Témoins de Jéhovah, puis de toutes les personnes de l'espèce d'Alexandre! Si on me laissait tranquille parler de cette science, eh bien je ne parlerais que d'elle. Je ne demande que ça d'ailleurs!

Quand le Diable lui-même ruine la scolarité et l'avenir de mes enfants

Mais seulement voilà: comme en France, Alexandre voit en cette Science de Dieu simplement une nouvelle religion déguisée en science, et même pire: une secte! Ma science et mes activités seraient quelque chose de néfaste pour mes enfants et pour leur avenir, selon lui. Son opinion sur cette science va devenir chez lui un vrai devoir d'y mettre fin par tous les moyens, de me faire reprendre ce qui selon lui est une "activité" normale". Il fallait à tout prix "sauver mes enfants", mettre tout en oeuvre pour mes les retirer: intervention auprès du Consulat France, procès à Pagouda, etc.. Et l'un de ses arguments de bataille à l'époque, celui dont il se servait pour convaincre tout le monde et les rassembler tous derrière lui dans sa croisade contre son frère, était que mes enfants n'étaient pas scolarisés à Pagouda.

A ce propos il faut dire une chose très importante: A Pagouda (au Togo profond) où nous allons habiter pendant 3 ans, mes enfants ne pouvaient pas être scolarisés comme nous le souhaiterions, si nous avions pu habiter à Lomé (la capitale) ou à Kara (une grande ville du nord) par exemple. L'enseignant que j'étais en France, aidé de ma femme, assurions la scolarité à domicile de nos enfants. D'ailleurs aucune école dans cette brousse pouvait dispenser à nos enfants ce que nous leur offrions comme enseignement avec notre bibliothèque venue de France (y compris donc les manuels scolaires), nos ordinateurs, nos cédéroms, etc. Notre maison à elle seule était infiniment plus équipée que la plus grande école de Pagouda, l'école centrale! Et aussi aucune école à Pagouda ne pouvait leur enseigner le genre de choses qu'on enseigne en France. En lycée professionnel en France j'enseignais des classes de 20 ou 30 élèves. A plus forte raison enseigner seulement mes deux enfants! Alexandre connaissait très bien mes capacités depuis longtemps, il savait très bien au plus profond de lui-même qu'il me faisait un mauvais procès.

La preuve en est que nos enfants n'ont eu aucune difficulté à reprendre une scolarité normale quand nous sommes revenus en France. Non seulement cela, ils étaient parmi les meilleurs de leur classe! Et paradoxalement, c'est le Diable lui-même (français cette fois-ci) qui ruine brutalement la scolarité brillante de nos enfants en France, en les enlévant de leurs écoles en pleine année scolaire, et ce au nom de fausses accusations, dans le pure style français cette fois-ci.

Derrière tout cela se cache une guerre idéologique

Derrière tout ce qui se passait au Togo (et aujourd'hui en France) se cachait tout simplement une vraie guerre idéologique entre deux frères sortis d'un même ventre maternel mais dont les psychés et les visions des choses sont radicalement opposées l'une de l'autre! Un Alexandre qui dictait à son frère ce que devait être sa vision des choses ou sa vie, qui s'érigeait en vrai tuteur pour son frère et sa vie, qui s'octroyait un droit démesuré d'ingérance dans sa vie, de la diriger, de lui imposer d'être ce qu'il pense qu'elle doit être. Bref, Alexandre au Togo comme ses semblables en France, et ses semblables en France comme Alexandre au Togo.

La guerre de Clarisse à Pagouda pour dépouiller un homme de ses biens...

11 septembre 2004 : je m'envole pour le Togo et la guerre commence...

Je mets fin à mon métier d'enseignant en France, je quitte la France pour le Togo, pour y poursuivre mes travaux dans la Science de Dieu. Et le lendemain 12 septembre, les hostilités ont commencé avec Alexandre au Togo. Son but? Me renvoyer en France.

Je suis parti seul, laissant ma famille en France, qui me rejoindra dix mois plus tard. Il fallait préparer le terrain pour leur arrivée. Je ne connaissais pas encore l'ampleur des découvertes scientifiques que j'allais faire au Togo. Et même au début, il était envisagé que si mes travaux de recherche ne devaient pas durer dans le temps (car j'avais par prudence demandé un congé sans-solde d'un an en France), la famille en France viendrait seulement me rendre visite au Togo pendant les vacances. Ce n'est que par la force des choses que la décision fut prise de faire venir habiter ma famille en France avec moi au Togo. On comprendra par la suite comment les choses se sont passées et comment on est arrivé là.

A l'arrivée à Pagouda de ma famille de France, la guerre avec Alexandre (et toute la famille togolaise qu'il entraînait à sa suite) va s'intensifier pour nous renvoyer tous en France. Les motivations des uns et des autres sont différentes: pour Alexandre, il s'agit d'une guerre fondamentalement idéologique. Et pour Clarisse (une soeur), une personne très vénale, avide, cupide, les motivations sont plus matérielles. Réussir à nous chasser du Togo, c'est hériter de notre maison que nous y avons construite (on comprendra mieux par la suite) et nos biens venus de France. Quand ces deux motivations et d'autres convergent dans le même but, c'est terrible pour celui qui va le subir.

20 septembre 2004: je quitte Lomé pour Kétao

Je demande à Alexandre de me loger chez lui à Lomé (la capitale), le temps de poser les bases de mes activités au Togo et de voir clair dans les directions que je dois emprunter. Mais il refusa, considérant que ce serait cautionner ce qu'il considérait comme une décision irresponsable de ma part de quitter la France pour venir faire cette prétendue Science de Dieu au Togo. Il se reprocherait plus tard de m'avoir apporté une quelconque aide dans ce sens. La tension est très vite devenue très vive entre les deux frères. Et il était clair pour moi que, si je voulais travailler le plus sereinement possible, il ne fallait pas au Togo rester là où Alexandre est.

Je prends donc la décision de partir loin d'Alexandre, de quitter la capitale togolaise pour aller m'installer dans ma ville natale à Kétao dans le nord du Togo (le Togo profond), au pays Kabyè, dans la grande concession du grand-père maternel. Là habitent la grand-mère (aujourd'hui décédée) et des cousins, et à côté la mère et une soeur nommée Noëline (voir Qui es-tu?). A quinze kilomètres de Kétao se trouve Pagouda, où par la force des choses j'habiterai avec ma famille venue de France. Pagouda qui sera le grand champ de bataille contre Alexandre, Clarisse et toute la famille du nord du Togo.

Fin 2004: la mère me demande à Kétao de construire une maison pour elle à Pagouda

Vers la fin de l'année 2004, ma mère me fait une demande qui lui tient beaucoup à coeur: lui construire une maison dans sa ville natale à Pagouda, qui est aussi la ville de la grande famille maternelle, en particulier le grand-père. Elle n'y possèdait aucun domicile propre, me dit-elle, ce qui n'est pas du tout honorable pour elle. Je lui ai répondu que moi non plus je ne possèdais aucun domicile propre dans tout le Togo, ce qui n'était pas honorable. J'ai un terrain à Kétao, mais je ne me suis pas encore décidé à y construire, et je n'avais pas encore pris la décision concernant le meilleur endroit où il fallait contruire pour moi. Et vu que je n'avais plus de salaire en France (nous vivions avec nos économies faites en France) je n'avais plus les moyens de construire pour elle puis éventuellement pour nous.

Elle insista très lourdement et me dit qu'elle ne demandait pas un château mais quelque chose de très modeste qui ne couterait pas trop cher. Elle voulait juste un domcile de deux chambres et un séjour ("Deux pièces - Salon" comme on dit au Togo), et si ce n'est pas possible elle se contenterait d'une chambre et d'un séjour ("Une pièce - Salon").

C'est la soeur Clarisse, une femme d'affaires, qui connaissait bien le milieu et qui a tout l'art de la négociation avec tous les corps de métier du milieu, qui présenta le devis. Ce devis pour le "Deux pièces - Salon" parlait d'une somme d'environ 500000 FCFA (750 euros), sans compter le prix du terrain, car la grande famille de Pagouda étant des propriétaires terriens, la mère aurait un terrain gratuit. Et en ajoutant une pièce supplémentaire, cela porte le devis à environ 700000 FCFA (1000 euros) maximum. Après réflexion, j'ai jugé que je pouvais faire d'une pierre deux coups: construire une maison de 3 pièces et un séjour pour la mère, dans laquelle elle et moi on habiterait tant que je serais seul à Pagouda. De plus, dans la concession du grand-père à Kétao, je logeais dans une chambre très misérable en argile construite par un oncle défunt. Et ses enfants (des cousins donc), sans le dire ouvertement, me voyaient d'un très mauvais oeil. Et pourtant, depuis la France (et plus encore depuis que j'habitais parmi eux), j'avais à ma charge ma mère et la grand-mère de qui ils dépendaient pour vivre, après la mort de leur père. Donc ils vivaient au moins en grande partie grâce à moi (voir Qui es-tu?).

Ce que la mère me demandait pouvait donc être aussi un moyen de loger dans quelque chose que j'aurai construit moi-même, le temps que devaient durer mes recherches au Togo ou au nord (je prévoyais un an au début). Mais il était convenu avec ma mère que si ma famille venait de France me rendre visite pendant les vacances, la mère nous laisserait toute la maison pendant leur séjour. Et quand le moment viendrait pour moi de rentrer définitivement en France, la maison lui reviendrait. Ainsi, elle aura eu sa maison (et bien plus qu'elle ne le demandait!), et j'aurais du même coup résolu le problème de l'accueil de ma famille qui viendrait de France. On m'a assuré qu'avec 800000 à 1000000 FCFA (1200 à 1500 euros), on pouvait faire quelque chose de très correct, compatible avec mon budget, et qui satisfait tout le monde. Comme j'étais très occupé à travailler à ma science nuit et jour, j'ai chargé Clarisse de s'occuper de tous les aspects de ce projet: trouver les ouvriers, négocier avec eux, gérer le budget que lui ai confié, etc.

Avril 2005: le cauchemar de la maison de Pagouda et le salon de coiffure "Don de Dieu"

Mais seulement voilà: j'ignorais que c'est en fait Clarisse (la fille chérie de la mère et la grande préférée) qui a suggéré cette idée de construction à la mère à Pagouda. Ce projet n'aurait jamais dû poser le moindre problème, mais et au contraire arranger beaucoup de choses. Mais avec une Clarisse dans l'affaire et avec ce qu'elle avait derrière la tête en persuadant la mère de me persuader d'entreprendre une telle chose, cela changeait du tout au tout! Ce projet va se révéler un terrible piège, un vrai cauchemar à Pagouda!

Clarisse avait son plan à elle: d'abord profiter de ce projet (dont la gestion ne pouvait que naturellement lui revenir à Pagouda) pour faire payer habilement à son frère ses projets personnels, en particulier le remplacement de son ancien salon de coiffure par un nouveau nommé "Don de Dieu". Et ensuite, plus tard, hériter indirectement de cette maison construite, qui sera devenue la propriété de la mère (dont elle est la fille chérie qui obtient tout de la mère), une fois que je serai reparti en France. Et évidemment, elle n'avait pas intérêt que ma famille vienne de France. Et si elle venait, il fallait tout faire pour nous faire repartir en France! Du côté de Clarisse cette fois-ci, tous les ingrédients et tous les mobiles d'une guerre contre son frère et sa famille à Pagouda sont là!

C'était vrai que, dans un endroit comme Kétao ou Pagouda (et non pas dans une grande ville comme Lomé ou Kara), cette somme de 1 million de FCFA suffisait pour faire quelque chose de très correct. Ce n'est pas tous les togolais qui sont capables de sortir cette somme de leur poche! Mais cette somme est nettement insuffisante quand le but était de me faire commencer ce projet pour devenir la "poule aux oeufs d'or" pour tous ceux qui (à commencer par Clarisse) voulaient profiter au maximum de l"'homme riche venu de France". Un homme à qui par exemple on n'hésitait pas à facturer 50000 FCFA là où on facture d'habitude 10000 FCFA!

Dans ces conditions, les fondations à peine posées et les murs commençant à peine à s'ériger que le budget est déjà dilapidé. Et il fallait sans cesse demander à ma femme en France de vider nos écomomies en France pour les déverser dans ce qui devenait un vrai gouffre financier! L'argent disparaissait à une vitesse vertigineuse, mais le chantier n'avançait pas!

Don de Dieu

Mais entre-temps (en avril 2005), Clarisse a inauguré son nouveau salon de coiffure baptisé ""Don de Dieu", qui lui a poussé comme un champignon! Au moment où la deuxième rallonge de budget était terminée et que je faisais tout mon possible pour que ma femme m'envoie rapidement un mandat par Wertern Union afin que le chantier ne s'arrête pas, les ouvriers ont quitté mon chantier pour travailler à la construction du nouveau salon de Clarisse. Celui-ci a été achevé en un temps record!

Clarisse a invité le préfet de la Binah (préfecture dont font partie Kétao et Pagouda) pour l'inauguration, et n'a même pas eu la gentillesse d'inviter son frère à Kétao! Et une fois le salon inauguré, Clarisse laissait traîner mon chantier, et j'ai dû laisser mon travail d'écriture à Kétao pour prendre moi-même les choses en main à Pagouda, faisant des allers et retours incessants entre les deux villes en taxi de brousse (je n'avais pas encore acheté la voiture qui servira à transporter ma famille à leur arrivée de France et à circuler dans la région). Et il fallait leur livrer guerre sur guerre pour les faire venir travailler au chantier, alors qu'ils réclamaient une main d'oeuvre démesurée et étaient très bien payés, sans une minute de retard! Ils ont même le culot d'aller se plaindre auprès du commissaire de Pagouda (Tchabodjo AGOUDA, celui-là même qui va m'emprisonner un an après dans son commissariat) parce que je leur demande de terminer leur travail dans les délais convenus, sinon je déduirais leur retard sur la main d'oeuvre qu'ils me demandent! Et le commaissaire leur donne raison!

Et aussi, il faut dire qu'ils ont une loi culturelle validée par tous, selon laquelle on ne peut pas renvoyer un ouvrier qu'on a engagé pour le remplacer par un autre, même s'il fait des fautes graves ou n'honore pas son contrat. Un ouvrier engagé pour commencer un travail doit terminer ce travail. C'est comme ça. Cela permet alors aux ouvriers de s'engager sur mille chantiers, de se battre pour commencer un travail ici ou là. Une fois que le chantier est conquis (c'est-à-dire commencé), il peut le délaisser pour partir à la chasse d'un autre chantier, et il faut alors lui courir après (et même le supplier) pour venir continuer le travail qu'on lui a demandé (voir Qui es-tu?). C'est donc lui qui gère le calendrier comme bon lui semble. Sachant qu'il ne peut pas être renvoyé, il peut même pousser le culot (comme le maçon Etienne Gnadao qui s'occupait de mon chantier) de demander un supplément de main d'oeuvre, si l'on veut que le travail soit terminé dans les délais, pourtant convenus au départ. Et même un commissaire donne raison à des gens qui font des choses pareilles et qui viennent se plaindre auprès de lui contre leur employeur!

Tout le monde trouve ça normal. Et quand je m'indigne contre ce maçon que Clarisse a engagé pour moi (et qui par contre a terminé le nouveau salon de Clarisse en un clin d'oeil), Clarisse me demande : "Qui es-tu pour vouloir changer les choses?" Et elle m'informe avec mépris que même le grand Alexandre a subi cela sans pouvoir rien contre...

Le 19 mai 2005: J'ai commencé à faire comprendre que la maison de Pagouda serait notre habitation

La maison de Pagouda qui devait nous coûter un million de FCFA au maximum nous a en fait coûté plus du triple (3,5 millions de FCFA). Etant donné que cette maison aura englouti une part très importante de nos ressources en France, il devenait obligé que la famille en France vienne habiter avec moi dans la maison que nous avons construit et qui nous a tant coûté. C'était ça, ou alors il fallait tout laisser tomber et retourner en France rejoindre ma famille. Non seulement j'aurai jeté des millions par la fenêtre (un cadeau magnifique fait principalement à Clarisse et sans remerciement de sa part!), mais le plus grave est que ma Science de Dieu aura été ainsi décapitée qu Togo!

Nous devions dans ces condititions changer les accords initiaux, transformer cette maison simplement en notre habitation à Pagouda, et trouver plus tard une autre solution à la mère pour le domicile qu'elle demandait et qui est à l'origine de cette ruine financière. Avec l'expérience acquise dans cette mésaventure, je ne tomberais plus dans ce piège.

En attendant, il fallait achever ce qui est commencé, cette fois-ci dans l'optique d'y faire vivre en permanence une famille venue de France. Nous n'avons pas eu d'autre choix que de mettre deux millions supplémentaires dans ce chantier pour construire une clôture autour de la maison (pour une vie "tranquille" et pour assurer l'intimité d'une famille française), pour l'électrifier, y faire creuser un puits, etc.

Au total, cette maison nous aura coûté 5,5 millions de FCFA au minimum. Et quand nous parlions de ce prix dans le milieu, beaucoup s'écrient et disent: "Avec cet argent, ici, moi je me construis une maison à étages!" Et au Togo, l'expression "construire une maison à étages" est comme dire en France: "construire un château". Oui, ce prix, juste finalement pour une maison seulement de trois chambres et un séjour, "Trois pièces - Salon", comme on dit au Togo. Leux pièces nous servaient de chambres à coucher, et la troisième nous servait de cuisine.

Quand j'ai commence à faire comprendre que désormais je construisais cette maison simplement pour y vivre avec ma famille de France, j'ai déclaré la troisième guerre mondiale à Kétao et à Pagouda à tous ceux qui se frottaient les mains (Clarisse, la mère, la grand famille de Pagouda), se disant que les "pigeons venus de France" leur pondaient un magnifique cadeau (voir QUI ES-TU?)!

Le 11 juillet 2005: ma famille arrive de France pour habiter avec moi à Pagouda

 

Le 11 juillet 2005, ma femme et mes enfants arrivent de France pour habiter avec moi dans l'enfer de Pagouda. Les pauvres, ils arrivaient en terrain très hostile, dans un champ de bataille, un champ de mines. Mon devoir le plus absolu était de les protéger dans un milieu complètement étranger pour eux, où ils étaient novices, très fragiles. J'étais pour eux le bouclier qui prenait tous les coups, qui enlevait le danger ou le piège posé sous leur pied sans qu'ils aient conscience de ce à quoi ils avaient échappé. Et en plus comme ils ne parlaient pas le Kabyè, ils ne comprenaient pas ce qui était dit dans les ténèbres autour de leur maison électrifiée ou plus ouvertement dans les jouxtes verbales avec les adversaires déclarés. Dans une certaine mesure, c'était mieux ainsi, car s'ils comprenaient, ils auraient eu terriblement peur, ils n'auraient pas pu vivre trois ans avec moi dans cet enfer! Ils étaient naïfs, innocents, ingénues, bref des anges au beau milieu de diables.... Et je leur disais simplement : "Ne négligez surtout pas de lire la Bible, les psaumes, les évangiles, ne négligez pas de prier Dieu! Votre meilleur bouclier contre le Diable, c'est la Parole de Dieu."

La maison clôturée essayait tant bien que mal d'être une oasis (ou un havre de tranquillité) au milieu de diables... Mais dans l'Afrique de tous les mystères (qu'il fallait justement percer), même avec les portails, les portes et les fenêtres hermétiquement fermées, le danger ou le mal pénètre dans les intérieurs... Ce danger occulte est la face cachée de ce monde. Le genre de choses qu'Alexandre pourtant Kabyè comme moi (mais fonctionnement avec le rationalisme occidental), nie avec toute la force de la négation à l'occidentale. Ceux qui incarnent ce danger ou ces choses de l'Afrique noire, ce sont les gens du Kinaou, du Hama, les Aléwa et les Aféla, les voisins tout autour de notre maison. Ceux-ci n'ont pas besoin que ma mère ou la famille togolaise leur demandent de faire de notre maison (notre paradis au milieu de leurs cases...) une maison de l'horreur, à défaut de réussir à tuer l'un d'entre nous avec leurs pouvoirs diaboliques. Mais si en plus la mère le leur demande...

Six jours seulement après l'arrivée de ma famille de France, la mère est venue nous livrer la première bataille devant tout Pagouda. Au cour de cette bataille des mots, elle a prononcé quelques phrases en français pour que ma femme et mes enfants comprennent: "Je ferai démolir votre maison sur mon terrain, de sorte qu'il n'en reste pas pierre sur pierre!" Les miens découvraient Pagouda et l'intention de la mère, et plus exactement de Clarisse et de tous ceux qui poussaient la mère à agir d'une manière aussi déplorable contre son fils, sa femme et ses enfants. Le but annoncé était de les effrayer pour qu'ils reprennent l'avion pour fuir vers la France. Leurs valises étant à peine posées à Pagouda, ils furent très effrayés ce jour-là par les paroles de ma mère. Je les ai rassurés, et leur ai dit qu'ils pouvaient compter sur moi pour me battre pour ce qui leur appartient, pour les protéger contre tous les dangers. Pour cela il fallait juste bien m'écouter et ne pas faire d'erreur fatale dans ce milieu assez dangereux...

Janvier 2006: Une donation de notre terrain contre la construction promise à la mère

Nous avons demandé à acheter le terrain sur lequel notre maison a été bâtie pour être totalement maître de nos biens. Mais Clarisse s'est opposée à la vente, ou alors, dit-elle, il fallait nous vendre le terrain très cher! Tout le matérialisme de Clarisse se trouve-là, son avidité, la cupidité, son appât du gain pour lequel elle tuerait même son frère!

Par la force des choses donc, la maison était déjà sur le terrain, et en plus avec tous nos biens venus de France. Nous n'avions pas d'autre choix que d'accepter les conditions qu'on nous fixait. Sinon il fallait démolir notre maison et rendre le terrain, comme la mère le disait. L'autre choix était simplement de dégager de ce terrain, et alors tout ce qui était dessus devenait leur propriété. Clarisse nous a donc piégés par la mère! De fil en aiguille elle nous a tout simplement ligotés!

La mère concevait non seulement que Clarisse puisse faire cela à son frère, mais surtout qu'elle même puisse, en écoutant sa fille chérie Clarisse, faire cela à son propre fils! Comment pouvais-je concevoir qu'un cadeau que je voulais faire à ma mère puisse devenir ce piège des plus diaboliques?

Tous les efforts que je faisais pour trouver une entente avec la mère au sujet du terrain et pour honorer la promesse de lui construire un petit domicile à Pagouda (et apaiser toutes les tensions) étaient ruinés par Clarisse. Elle n'avait pas intérêt que le problème trouve une solution, car alors elle perdrait sa main mise sur nous. Et la mère écoutait les idées diaboliques, nocives et très toxiques de sa fille chérie qui la possède au plus haut point, au lieu d'écouter les solutions de sagesse que je lui proposais.

Quand je demandais à la grande famille de Pagouda de me vendre le terrain sur lequel j'avais construit, c'était à leurs yeux comme un sacrilège. Ils m'ont dit qu'il était inconcevable pour une grande famille Kabyè de vendre un terrain à un héritier, comme s'il était un étranger. Ils disaient que ce terrain était la propriété donnée à ma mère, donc ma propriété. En clair, à moi de m'entendre avec ma mère. Mais c'est à cette entente que Clarisse la cupide s'opposait...

Mais prenant la grande famille à leurs propres mots, j'ai demandé à la mère de signer en bonne et due forme une donation de son terrain, en échange de ce que je construirais pour elle sur un autre terrain de la grande famille. Clarisse a dit à la grande famille que si la mère me signait une donation de son terrain, alors il fallait aussi que la grande famille lui fasse une donation de terrain à elle aussi, ce qui fut fait. C'est très simple à comprendre: à défaut de pouvoir s'acheter un terrain avec une part du prix du terrain de la mère qu'elle demandait de me vendre très cher (au moins un million, alors que les terrains dans le coin dépassaient difficilement 200000F et même seulement 100000F pour le nôtre vu là où il est situé), eh bien, il fallait qu'elle ait son terrain. C'est à cette condition que ma donation fut possible. Donc grâce à moi, elle a gagné gratuitement un terrain alors qu'elle n'est pas une héritière prioritaire. Avant elle par exemple, il y a sa soeur Noëline (l'ancienne "mal aimée" de la mère que j'ai détrônée de cette position depuis que je suis revenu de France). Et après Noëline, il y a même aussi un certain Alexandre, s'il voulait d'un terrain gratuit à Pagouda. Et quant à moi mon terrain n'était pas vraiment gratuit puisque je voulais l'acheter pour justement supprimer dans mon cas ces considérations d'héritage (et être maître de ma propriété), et que la donation m'était accordée en échange d'une construction pour la mère.

Et quant à Clarisse, après son "Don de Dieu" un an plus tôt, elle se fit assez rapidement construire sur son nouveau terrain gratuit un "château", si on compare sa construction à la ridicule maison "Trois pièces - Salon" de son frère. Des mauvaises langues à Pagouda, voyant cette nouvelle construction de Clarisse pousser comme un champignon, disaient : "C'est grâce à l'argent de son frère venu de France qu'elle a pu faire cela aussi rapidement." Mais, "chuuut!", il ne faut pas écouter les mauvaises langues, car ce qu'elles disent est toujours faux... Clarisse a tout simplement construit son "château" grâce à ce que lui rapporte son salon de coiffure "Don de Dieu". Et surtout, le Dieu en question, ce n'est pas moi! C'est c'est la pure vérité...

Depuis longtemps, avec l'expérience du milieu, le "naïf" généreux qui faisait confiance à sa famille togolaise et qui mettait la main à la poche chaque fois qu'on le lui demandait, connaît désormais ce que coûtait vraiment à Pagouda la construction du "Deux pièces - Salon" que la mère me demandait au départ. En échange de la donation de son terrain, j'ai donc donné à la mère tout simplement une somme de 300000 FCFA (450 euros) et une importante quantité de briques pour la fondation. Avec ça, je savais qu'elle pouvait se construire elle-même le domicile qu'elle demandait, avec l'aide de sa fille Clarisse, qui connaît bien plus que moi les rouages du milieu! Elles ont engagé le même maçon Etienne Gnadao, celui qui m'a fait voir de toutes les couleurs sur mon chantier, qui a construit le salon de Clarisse. Ce maçon qui en remerciement de sa grande main d'oeuvre que je lui payais (sans parler de tous les dons et faveurs annexes sans lesquels une affaire n'avance pas en Afrique), a osé se plaindre de moi auprès du commissaire. Cette fois-ci je ne m'en suis pas occupé. Elles n'avaient qu'à se débrouiller avec lui, ou avec qui elles voulaient. Et je savais qu'elles pouvaient faire le "miracle" avec seulement 300000 FCFA, là où cela m'aurait coûté des millions à moi. Et là aussi en un temps record, le miracle s'est accompli!

Le 19 avril 2006, Clarisse: "Tu es un fou guéri. Il ne te reste plus qu'à te déshabiller pour circuler nu à Pagouda"

Dans la pure tradition du pays Kabyè, un aîné de la famille est comme un "second père" pour ses frères et soeurs. Et devant mon Dieu que je sers, je dis que c'est ce que j'ai été pour les enfants de ma mère, et pour d'autres enfants du père (car il est polygame et a plus d'une vingtaine d'enfants). Le cas d'Alexandre est différent car il a eu la "chance" d'avoir fait un collège militaire, et donc l'armée prenaît en charge tous ses besoins jusqu'à son entrée à l'université. Cela l'a mis l'abri de la terrible détresse financière dans laquelle la famille fut plongée après la retraite militaire du père en 1978 au Camp RIT, suivie de l'explosion de la famille et de sa dispersion aux quatre coins du Togo, chacun se débrouillant pour survivre. C'est à cette époque que la mère quitta Lomé pour revenir dans la maison du grand-père à Kétao, avec ses trois derniers enfants eus avec le père militaire: Clarisse, Viviviane et Ernest. Au nord, la souffrance serait moins grande que dans la capitale. Et là, elle se remaria avec un forgeron aux ressources très limitées, avec qui elle eut ses deux derniers enfants, Yaovi et Tchami (aujourd'hui décédé).

Après deux années de très grande souffrance où je me débrouillais pour survivre à Lomé, livré à moi-même et me battant pour avoir le bac, je suis entré à l'Université de Lomé en 1981. Ma simple bourse d'étudiant était alors un salut pour la famille, en particulier pour ma mère et ses cinq enfants au nord, dont une certaine Clarisse. Frais de scolarité, fournitures scolaires? A ma charge! Sans parler de ce que je pouvais donner pour leurs vivres. Puis, après l'Université de Lomé je partis pour la France en 1985, où plus que jamais je devins le second père pour les enfants à la chage de ma mère, et aussi celui qui faisais vivre sa mère et sa grand mère, pendant 19 ans, jusqu'en 2004, année de mon retour au Togo pour faire la Science de Dieu. Et il ne faut surtout pas oublier Martine ma femme, très compréhensive et très généreuse. Elle accepta qu'une partie de nos ressources serve à aider ma famille au Togo. Et Clarisse ne dira jamais qu'à la fin de ses études et en jeune femme mariée, au moment de l'aider à se lancer dans la coiffure, elle doit à son frère et à sa femme son premier appareil de coiffure de ses débuts... A notre visite au Togo en 1990, elle coiffait des personnes à son domicile avec cet appareil en attendant un premier salon de coiffure. Et comment nous remercie-t-elle 16 ans après?

Dans ces conditions, pourquoi faire encore le moindre cadeau à une telle personne? C'est la raison pour laquelle, au lieu de donner 300000 FCFA à la mère pour se construire son "Deux pièces - Salon", je lui ai donné seulement 230000 FCFA, lui disant d'aller compléter le reste avec les 70000 FCFA que Clarisse me devait depuis plus d'un an. Elle était venue à Kétao me demander cette somme, presqu'en même temps que la mère quand (sous la suggestion de Clarisse) a demandé de lui construire à Pagouda. Ce n'était pas grand chose, mais cette somme était une bouffée d'oxygène dont Clarisse avait grand besoin à un moment où ses affaires étaient dans un creux. Mais la "grande dame riche et très influente" qu'elle est devenue à Pagouda a très mal pris le fait de lui réclamer une si modique somme pour compléter le budget de construction pour la mère.

Si vous donnez seulement 1000 F à quelqu'un pour démarrer une affaire, et qu'il devient plus tard un milliardaire, c'est vrai que 1000 F c'est désormais rien du tout à côté de ses milliards. Mais sans les 1000 F l'affaire n'aurait pas démarré! Et si la somme est prêtée, alors la moindre des choses quand on est devenue un milliardaire n'ayant plus besoin d'un ridicule 1000 F pour ses affaires, c'est de rendre au moins le capital. Cela peut servir une nouvelle fois à quelqu'un d'autre, qui a besoin de 1000F seulement pour démarrer... Et on peut à bon droit se demander comment en un an Clarisse est devenu tellement riche que 70000F dont elle avait besoin il y a encore un an n'est plus grand chose pour elle!

Pour pouvoir dire à tout Pagouda que la grande dame qu'elle est devenue dans la ville ne doit rien dans ce qu'elle est devenue à son frère "fou", elle a provoqué une confrontation avec son frère le 19 avril 2006 devant son salon de coiffure "Don de Dieu".

La situation étant devenue très tendue à Pagouda entre autres à cause de Clarisse, je ne fréquentais plus depuis plus d'un an les abords de ce salon de coiffure, comme autrefois où je passais de longues heures en leur compagnie là-bas. Clarisse et moi on ne s'adressait plus la parole tout simplement, on communiquait par la mère interposée. Et pour éviter tout piège, je passais désormais devant ce salon toujours en voiture, même pour aller simplement à la poste de Pagouda. Mais ce jour-là, manque chance, la voiture avait quelque petits soucis et avait besoin de réparations. Je suis donc passé tranquillement à pied devant cet endroit devenu à haut risque à cause de la dame des lieux, sans parler à personne, à part au petit mécanicien nommé Arcel et surnommé "Togolais". Je lui ai demandé de me suivre à mon retour de la poste pour venir regarder ma voiture.

Mais à mon retour, Clarisse a envoyé une de ses apprenties nommée Denise m'accoster pour me dire le genre de choses à énerver celui qu'elle voulait provoquer et piéger. En gros, elle me disait qu'elle a remis mes ridicules 70000 FCFA à la mère. A cela je n'ai pas répondu et j'ai poursuivi mon chemin jusqu'à chez moi. Comme la réaction escomptée ne s'est pas produite, elle a alors chargé Arcel le mécanicien (qui devait venir chez moi) de me transmettre le même message. J'ai écrit alors ma réponse sur papier, et donné ce papier au mécanicien à remettre à celle qui l'envoie. En gros, je lui ai dit: "Quand tu étais venue à Kétao me demander discrètement de te prêter cette somme pour tes affaires, as-tu envoyé une apprentie ou un mécanicien pour me la demander, et pour qu'il sache aussi que tes affaires dépendaient de moi? Et pourquoi maintenant que tu rembourses la somme tu sonnes de la trompette et veux que tout Pagouda sache que tu ne me dois rien? Sache tu ne m'auras jamais remboursé tout ce que tu me dois."

Le mécanicien revient chez moi peu après me remettre le papier, me disant que Clarisse n'était plus au salon. Alors j'ai décidé d'aller en personne remettre cette lettre à Denise (l'apprentie que sa patronne avait envoyée vers moi m'accoster). Elle devait donc donner la lettre à sa patronne quand elle serait au salon. Ma logique est fort simple: les personnes étrangères à la famille que Clarisse a elle-même impliquées dans cette affaire de prêt en les envoyant vers moi, sont aussi celles qui peuvent connaître ma réponse.

Mais en arrivant au salon, j'ai vu que Clarisse était en fait là, elle a donc fait mentir le mécanicien. Néanmoins, pour éviter un choc frontal, j'ai appelé vers moi l'apprentie Denise pour lui remettre le message pour sa patronne, en me tenant pratiquement à l'endroit où elle m'avait abordé. Sa patronne la somme de ne pas prendre le message de mes mains. Je me dirige donc vers Clarisse pour lui remettre le papier en personne, elle le prend, le déchire en mille morceaux devant mon nez, puis jette avec mépris les morceaux aux quatre vents, en disant qu'elle n'a pas de temps à perdre avec moi. La colère monte alors en moi, et je lui demande: "Si tu n'a pas de temps à perdre avec moi, pourquoi alors tu perds ton temps à envoyer d'abord ton apprentie puis le mécanicien vers moi?"

J'étais tombé dans le piège de cette diablesse! Le contact que je ne voulais plus entre elle et moi depuis longtemps, elle a réussi à l'obtenir. Et ce contact, comme il fallait s'y attendre, a été très vite explosif! C'est lors de cette confrontation que Clarisse m'a dit devant tout Pagouda: "Tu es un fou guéri. Il ne te reste plus qu'à te déshabiller pour circuler nu dans Pagouda".

Une phrase qui a marqué un homme à cause de tout ce qu'elle signifie, de l'endroit où elle a été prononcée, de tout ce qui s'est passé à cet endroit depuis plus d'un an, du public en présence, etc. La curieuse expression "fou guéri" empoyée par Clarisse est souvent utilisée pour dire de quelqu'un qu'il est un fou qui a l'air normal, ou qui est presqu'un fou. Et Clarisse, en disant qu'il ne me restait qu'à me déshabiller pour circuler nu dans Pagouda, faisait simplement allusion à Célestin, un fou qui se promène nu dans Pagouda. Enfin, ce que les humains qui se croient normaux appellent un fou...

Célestin (à ce qu'on m'a expliqué) est devenu fou suite à la faillite de ses affaires. Il a tout simplement été dépouillé, ruiné exactement comme on me le faisait. Il devenu muet, il murmure sans cesse quelque chose que les oreilles ordinaires n'entendent pas mais que Dieu entend. Il se promène dans Pagouda, tenant sous le bras un vieux vêtement qui sert de sac contenant des objets sans valeurs, qu'il serre comme le dernier trésor qu'il ne veut pas perdre. Il entre dans une grande tristesse quand on touche à ce "trésor". Tout en mumurant, il agite la main libre, demandant un pièce.

Le jour de notre première rencontre devant le salon de Clarisse, il a foncé directement sur moi comme si on se connaissait depuis longtemps, et nous nous "parlions" en nous regardant dans les yeux, au grand étonnement de beaucoup, mais aussi sous les rires et les moqueries de beaucoup d'autres. Chaque fois qu'il me voyait, il fonçait vers moi pour me parler à sa manière et pour réclamer une pièce, dont il ne faisait pas grand chose d'ailleurs, mais que des "normaux" sans scrupule lui arrachait des mains ensuite. Lui et moi, on ne se disait pas grand chose, mais on se comprenait tout simplement. Depuis, c'est devenu un rituel entre lui nous à Pagouda. Et quand on commença à dire de moi à Pagouda que j'étais fou, je ne m'arrêtais en voiture à cet endroit que pour Célestin, pour le saluer, alors que je ne parlais plus à des "normaux" comme Clarisse par exemple. On disait: "Entre fous ils se comprennent". A mes yeux, les vrais fous, c'était eux, tandis que le normal était Célestin. En effet, bien que soi-disant "normaux", ils faisaient des choses que Célestin ne ferait jamais, bien qu'on dise qu'il est fou. Et s'il était devenu fou, c'est tout simplement parce qu'il ne faisait pas partie de leur monde, il s'en est déconnecté pour toujours...

Le 20 avril 2006: le guet-apens évité au commissariat de Pagouda. Rencontre avec Monsieur Scapin

Dans la culture Kabyè, une soeur ne fait pas le genre de chose que Clarisse faisait à son frère. Dans cette culture, si c'est nécessaire, un parent peut donner une claque à son enfant à tout âge, aurait-il 50 ans! Et dans la culture Kabyè aussi, un frère peut donner une claque à une petite soeur qui se comporte comme Clarisse à son égard! Mais j'oubliais un détail: des personnes comme Alexandre ou Clarisse ne fonctionnent pas du tout avec les modes de la culture Kabyè, sauf quand c'est pour en tirer un certain avantage.

Ce 19 avril 2006, quand Clarisse a fait les gestes qu'elle a fait devant mon nez, quand celle qui me doit tant a prononcé les paroles qu'elle avait prononcées, quand je pensais à tout le mal qu'elle me faisait à Pagouda, j'ai voulu lui donner tout simplement une claque, et elle l'aurait mérité. Ma main partait en direction de sa joue, mais j'ai été retenu dans mon geste, comme on doit le faire au pays Kabyè. Même hypocritement, la foule en effet doit retenir quelqu'un qui veut frapper, et ensuite le calmer. Et elle doit lui dire ce qu'on doit dire dans ces cas-là: "Grand frère, laisse tomber ta colère. Pardonne à ta petite soeur. Il ne faut pas vous ridiculiser ainsi en public, mais règlez cette affaire en famille, avec votre mère."

Et de son côté, Clarisse a ramassé une grosse pierre pour vouloir me fracasser le crâne avec. Mais elle aussi a été retenue dans son geste, et on lui a dit qu'on ne fait pas cela à son grand frère. Et moi, en bon Kabyè, il ne me serait jamais venu à l'esprit d'aller me plaindre au commissariat de Pagouda, parce que Clarisse a porté atteinte à ma dignité en public, ou qu'elle a voulu me lapider. Mais elle, elle est allée se plaindre parce que je l'aurais giflée, alors que, comme elle, j'ai été retenu dans mon geste.

Le lendemain (20 avril 2006), le commaissaire de Pagouda, qui s'était déjà si mal illustré dans l'affaire du maçon Etienne Gnadao un an plus tôt, m'a fait remettre une convocation au commissariat pour affronter Clarisse et tous les accusateurs, dont la mère! J'ai compris tout de suite le guet-apens et tout ce qui pouvait se passer. J'ai appelé au téléphone l'Ambasse de France pour expliquer la situation. Et on m'a conseillé de ne pas me rendre à la convocation, mais de prendre immédiatement la route de Lomé pour venir tout expliquer à Monsieur Bernard Scapin, commissaire divisionnaire au SCTIP de l'Ambassade de France.

Bien que notre voiture avait quelques problèmes à peine réparés, j'ai dû faire avec ma famille et en toute urgence et de nuit un voyage périlleux jusqu'à la capitale Lomé, pour rencontrer Monsieur Scapin. Celui-ci a constitué un dossier de police, nous a posé des questions, et, à notre grande surprise, me demande de retourner à Pagouda répondre enfin à la convocation du commaissaire. Mais le commaissaire de Pagouda a très mal pris le fait d'avoir préféré parler à un commissaire blanc avant de le rencontrer, et il m'a gardé une dent...

Quand j'ai rencontré le commaissaire, il n'y avait plus mes accusateurs qui le 20 avril 2006, donc je pouvais calmement lui expliquer tout ce qui se passe. Parmi les choses dont il m'a informées, il y avait le fait qu'Alexandre l'a saisi depuis un certain temps déjà pour entreprendre une action contre moi parce que mes enfants ne seraient pas scolarisés. Je lui appris qu'en France mon métier était l'enseignement, et que j'enseignais mes enfants chez moi et avec l'aide de ma femme, avec tous les manuels scolaires venus de France ainsi que des outils informatiques. Je l'ai invité à venir lui-même chez nous pour voir tout ce dispositif. Avec tout le tact nécessaire pour ne pas froisser sa susceptibilité, je lui ai dit que l'école centrale de Pagouda ne pouvait pas offrir à nos enfants ce qu'ils avaient à notre domicile, et que l'ex-enseignant que j'étais en France était plus que quiconque à Pagouda le mieux qualifié pour enseigner mes enfants. Il a interrogé les enfants et il s'est vite aperçu de leurs grandes connaissances, capacités, très largement au dessus de tout enfant scolarisé à Pagouda! Et il a dit: "Vous pouvez repartir chez vous, mais j'espère qu'il n'y aura plus d'autres problèmes avec vous à l'avenir."

Mais malheureusement, cela ne dépendait pas de moi, car les problèmes, on me les crée! Et quand je fais tout pour éviter ceux qui incarnent les "problèmes", eux ils me trouvent...

Quand nous étions à Lomé pour rencontrer Monsieur Scapin, je suis allé dire au père (mon père adoptif et le père biologique d'Alexandre) tout ce qu'Alexandre et Clarisse me faisaient au nord, et qui étaient inadmissibles en culture Kabyè de la part de petits frères à l'égard de leur frère aîné. Et le père m'a informé qu'Alexandre lui a dit qu'il faisait des démarches à l'Ambassade de France pour me faire retirer mes enfants. J'ai dit père : "Fais comprendre à Alexandre de me ficher la paix, de ne pas se mêler de mes affaires, de cesser de me mettre les bâtons dans les roues! Dis-lui s'il te plaît que s'il touche à mes enfants, je le tue!" Et le père me demande: "Tu vas tuer ton frère de quelle façon?" Et je lui réponds: "Mon Dieu que je sers le sait. C'est lui qui le tuera!".

Le 8 juin 2006, la mère: "Tu es un fou, un sorcier qu'on a chassé de France!"

A la guerre idéologique qu'Alexandre livrait me livrait au Togo (la guerre contre la Science de Dieu) s'ajoutait la guerre plus spécifique que Clarisse me livrait à Pagouda. Une guerre pour dépouiller un homme de tout ce qu'il a, jusqu'à sa dignité! Une guerre pour transformer un homme en un fou comme Célestin, qui se promène désormais nu à Pagouda.

Tout le monde y trouvait son compte. Cela arrangerait Alexandre si je me décidais enfin de fuir ce bourbier de Pagouda, cet enfer dont la diablesse qui alimentait les flammes était Clarisse. Alexandre espérait que je sois encore assez lucide pour déguerpir vers la France (pendant qu'il était encore temps et avant d'être complètement ruiné sur le plan financier) pour reprendre une "activité normale", c'est-à-dire mon métier d'enseignant.

Et de l'autre côté, tout ce qu'Alexandre faisait pour me faire retourner en France (par exemple son dossier à l'Ambasse de France et aussi auprès du commissaire de Pagouda) arrangeait aussi Clarisse. Car si nous repartions en France, elle hériterait de ce que je laisserais derrière moi, via la mère.

La fille possédait la mère, lui empoisonnait l'esprit, lui faisait faire tout ce qu'elle désire. Avant la donation, elle la poussait la mère à nous chasser de son terrain. Et après, elle la poussait à nous faire toutes les misères à Pagouda. Le but de tout cela était de nous dégoûter, de nous faire vers la France sans demander nos restes.

Mais au lieu de cela, je m'accrochais avec ma famille, je m'entêtais à rester! Et alors la mère commença à dire à tous ceux qui voulaient l'entendre que si je m'entêtais tant à rester au lieu de fuir, c'est que je ne pouvais plus retourner en France, car je suis un fou (ou même pire, un sorcier) chassé de France et je suis venu me réfugier au pays Kabyè. Dans cette culture le mot "sorcier" ou "éfélou" n'est pas du tout banal, car il signifie en fait "humain-diable".

Le 19 avril 2006 (le jour de la confrontation avec Clarisse devant son salon de coiffure), Clarisse a 'appelé la mère pour lui présenter sa version des choses. Et la mère m'appelle à son tour. Mais au lieu de commencer par me demander de mon côté ce qui s'est passé et pourquoi j'ai réagi ainsi; ses premières paroles furent de me dire : "Sorcier, on t'a chassé de France et tu viens nous causer des problèmes ici..."

A ces premiers mots j'ai raccroché pour ne plus entendre le reste des injures. La mère à qui j'avais tout pardonné, avec qui on venait de se réconcilier, à qui je venais de donner 230000 FCFA et lui ai demandé d'aller compléter cela avec ce que Clarisse me devait pour se construire son domicile de Pagouda, la mère qui m'avait juré par le ciel et par la terre (et pour la milliardième fois) qu'elle ne commettrait les mêmes erreurs que par le passé, venait une fois encore de recommencer la même erreur. Elle a écouté sa fille chérie en premier, et cela lui a suffi pour me juger, sans chercher à comprendre ce qui s'est réellement passé.

Et la mère se présente le 8 juin 2006 au portail de mon domicile. Quand j'ouvre la première question que je lui pose est simplement celle-ci: "Tu viens chez moi pourquoi? Pour que le sorcier chassé de France te tue?" A ces mots j'allais refermer mon portail, et elle me retient: "Laisse-moi te poser une question avant de refermer ton portail. J'ai appris que tu as dit au père à Lomé que tu vas tuer Alexandre et nous avec lui. Est-ce vrai?" Et je lui réponds: "J'ai dit au père que mon Dieu que je sers tuera tous ceux qui me causent des problèmes". Et elle dit alors: "Dans ce cas, ton Dieu-là est mauvais, il tue les gens, c'est un Sorcier lui aussi". Et je lui réponds: "Si je suis un sorcier et mon Dieu aussi, alors que viens-tu faire chez moi? Que viens-tu faire chez les sorciers? Tu veux qu'ils te tuent?"

A ces paroles je referme mon portail. Elle se rend alors vers le second poartail, qui se trouve vers son nouveau domicile qu'elle s'est construit avec la somme que je lui ai donnée. Elle tape de toutes ses forces sur ce portail, en vociférant aux oreilles de tout Pagouda tous les injures les plus abominables de l'Univers, et surtout d'horribles mensonges aux oreilles de tous, que je ne pouvais pas laisser dire. Je me rends au petit portail pour rétablir la vérité dans les oreilles du public qui s'est rapidement formé quand elle s'est mise à taper et à crier. J'étais une fois encore tombé dans le piège, je me suis laissé entraîner dans une confrontation que je faisais pourtant tout pour éviter. Elle disait demandait à tout Pagouda de me lyncher ma famille et moi, de nous lancer sans cesse des pierres chez nous, du tuer le fou et le sorcier quelle dit que je suis.

Il faut être un Kabyè pour comprendre la gravité des paroles de ce genre. Le milieu est un milieu très malveillant. Il ne faut pas grand chose que quelqu'un cherche votre mort. Vous avez simplement une voiture et pour cela vous vous faites mille ennemis par jalousie. Le simple fait d'avoir construit notre maison électrifiée au milieu de cases d'argiles fait de tout le monde autour des ennemis, même si les gens vous sourient. Les gens n'ont donc pas besoin qu'on leur disent de commettre un meurtre pour qu'ils cherchent par tous les moyens à le faire. Et si c'est la propre mère d'un homme qui demande à tous de tuer son fils, c'est quelque chose de terrible! Là où il y a une menace de mort, là aussi le Diable s'engouffre pour commettre son meurtre, sachant qu'on pensera d'abord en premier à celui qu'on a entendu proférer la menace.

C'est la raison pour laquelle quand j'ai dit que je tuerais Alexandre s'il touche à mes enfants, le père demande : "Tu vas tuer ton frère de quelle façon?" Et alors, il faut éviter le piège caché dans la question. Je dis alors que c'est mon Dieu qui tuera mes ennemis, et c'est vrai. C'est ce piège aussi que je venais d'éviter avec la mère devant le grand portail. Mais elle, elle appelle simplement au meurtre de son fils (et même de sa femme et ses enfants), ce qui est extrêmement grave. Comme elle me retenait de fermer le grand portail pour me dire ce qu'elle avait à ma dire, elle me collait de la même façon pour dire ces choses très graves. Je la repousse alors d'une main et lui dit: " Tu n'es plus ma mère, car une mère ne fait pas à son fils ce que tu me fais. Ne viens plus te présenter à la porte de ton fils, car tu n'as plus de fils. Ton fils est mort. Tu l'as tué, tu l'a livré à tous les sorciers de Pagouda, à tous ceux qui voudraient le tuer. Si je suis encore vivant, c'est grâce à mon Dieu qui me sauve."

En faisant le geste de répulsion qui accompagna mes paroles, elle perd l'équilibre et s'asseoit par terre. Puis un homme nommé Jules la relève, elle ramasse des pierres pour me lapider. Je referme alors mon portail, et pour la première fois de ma vie, je décide de briser les règles du monde Kabyè qui m'empêchaient jusqu'ici de porter plainte au commissariat contre ma propre famille, comme eux n'hésitaient pas à le faire contre moi. Je prends rapidement une douche, car cette jouxte verbale en pleine chaleur me faisait dégouliner de sueur partout. Je demande à ma femme et à mes enfants de monter avec moi dans la voiture pour aller nous plaindre les premiers au commissaire, avant que mes accusateurs aillent dire n'importe quoi.

Au commissariat, on nous dit que le commissaire fait une sieste, qu'il faut revenir deux heures plus tard. Mais nous tenons à attendre son réveil. Puis peu après le téléphone sonne. C'était Alexandre qui appelait de Lomé pour parler au commissaire. Mais pour lui, on réveille le commissaire, qui boit les paroles d'Alexandre. Puis presque au même moment, la mère entre au commissariat simulant la femme à l'agonie, tendant un commissaire un certificat médical dont Alexandre lui a parlé au téléphone. Nous découvrons alors qu'ils s'étaient arrangés avec un médecin de Pagouda, le Dr Boukoulmé HAINGA, pour délivrer un certificat médical de complaisance, confirmant les accusations portées contre moi. A savoir que j'aurais frappé violemment la mère, lui donnant plusieurs coups de poing qui l'ont fait tomber par terre. Et une fois par terre, je lui aurais donné des coups de pieds, la laissant presque pour morte. Je rejette catégoriquement ces accusations, et je dis au commissaire que bien au contraire, c'est nous qui sommes victimes d'une provocation à notre domicile, et le prie de noter notre déposition sur ce qui s'est passé réellement. Il refuse de prendre notre déposition, faisant confiance à Alexandre et à ce que la mère et toute la famille de Pagouda avec elle (donc Clarisse évidemment) lui disaient. Voilà le genre de piège que je sentais avec ces accusateurs, que j'ai voulu éviter le 19 avril 2006, préférant expliquer le problème à l'Ambassade de France.

Quand nous insistons pour que le commaissaire note notre déposition pour provocation à domicile, il se décide enfin à le faire près d''une heure et demi après. Mais au lieu de noter ce que nous disons, il nous fait dire ce que nous ne disions pas, il cherchait à nous faire confirmer ce que disaient nos accussateurs. Il écrit une phrase du genre: "S’est présenté devant nous monsieur Abli-Bouyo, lequel reconnaît avoir exercé une violence sur la personne de … " Evidemment nous ne pouvions pas accepter une déposition avec des phrases pareilles. C'est là où il s'énerve, et il ordonne de me m'enfermer en cellule. Je passe les détails du genre de cellule dans lequel j'ai été enfermé, l'humliation de la part des subordonnés du commissaires, ainsi que les insultes, les rires et les moqueries de mes accusateurs dehors ou devant la cellule. Je me suis agenouillé sur le sol tapissé d'une couche d'urine et j'ai prié simplement mon Dieu. Dans ces cas-là il ne reste plus que la prière au Dieu qui a tout vu et qui sait ce qui s'est passé réellement.

Il était question de s'organiser avec ma femme pour m'apporter mes repas en prison. Le commissaire a fait ensuite des navettes entre le commissariat et le tribunal de Pagouda. Puis à mon étonnement, quarante-cinq minutes plus tard on me somme de sortir de la cellule. Nous apprendrons plus tard que c'est le président du tribunal qui a ordonné la liberation, en attendant que le procès infirme ou confirme les accusations de la partie civile, ma mère au premier chef.

J'ai écrit au président du tribunal et à la gendarmerie aussi, demandant de faire l'enquête élémentaire que le commaissaire n'a pas faite. L'enquête ordonnée par le président du tribunal Kossi FOLLY et effectuée par le commandant de brigade de gendaremerie Madémota BAWILA a révélé qu'il s'agissait d'un ignoble complot contre un homme.

Les diables de Pagouda et du Togo l'ont rêvé, et les diables de Verdun et de France l'ont accompli!

Le procès à Pagouda eu lieu en deux audiences, les 22 et 29 juin 2006, et le verdict fut donné le 13 juillet 2006. La partie civile, ma mère donc, étant la porte-parole d'Alexandre et de Clarisse, demandait au président du tribunal que je sois mis en prison pour une longue durée, ou que je sois mis en asile de fous. Quant à ma femme, il faut la renvoyer en France. Et quant à mes enfants, Alexandre a tout fait en vain auprès de l'Ambassade de France pour les récupérer. S'il avait réussi à me faire condamner comme un fou qui frappe à mort sa propre mère, cela pourrait convaincre l'Ambassade de satisfaire sa demande. Mais les lois françaises et togolaises étant ce qu'elles sont, il ne pouvait pas récupérer aussi facilement qu'il le pensait des enfants togolais (car de père togolais) mais aussi français (car de parents de nationalité française).

Le plan d'Alexandre parlait aussi de me mettre en asile de fou. Et en réalité, il n'existe pas vraiment d'asile de fous au Togo, sinon on n'aurait pas des fous qui circulent partout au Togo comme Célestin par exemple. Rien qu'à Pagouda, j'en connaissais au moins une dizaine de personnes circulant comme cela.

Et la vraie question qui se pose n'est pas de savoir s'il faut mettre une personne en asile ou non, mais de savoir ce qui fait que des humains deviennent comme Célestin. Que les gens de l'espèce d'Alexandre ou de Clarisse disparaissent de la planète et on verra aussi qu'il n'y aura plus de fous dans le monde! En tout cas il n'y aura plus de fous du genre de Célestin. C'est le genre de fou que je serais devenu à Pagouda, si je n'avais pas des ressources cachées qui, même au plus profond de l'abîme, m'ont jusqu'ici empêché de franchir la ligne de l'irréversibilité, celle au-delà de laquelle on ne revient plus en arrière, mais on circule effectivement comme Célestin. J'ai échappé à ce sort à Pagouda, mais c'est en France que la suite de l'histoire s'écrit maintenant.

Aujourd'hui en 2011, cette fois-ci en France, six ans après les événements de Pagouda, le plan d'Alexandre s'accomplit, mais à la manière de la France! Mes enfants m'ont été enlevés par le Conseil Général de la Meuse, pour les mêmes accusations!

Les ressources cachées dont je parlais et qui m'ont jusqu'ici empêché de franchir la ligne de l'irréversibilité, c'est au premier chef le Dieu que je sers, le Dieu dont je fais la Science. Mais il y a aussi des ressources puissantes comme par exemple l'amour d'une petite fille pour son père et l'amour d'un père pour sa petite fille. Mais cet amour qui sauve un homme au bord de l'abîme à cause des diables de Pagouda, est que les diables de France vont exploiter pour détruire l'homme. Les diables de Pagouda et du Togo on rêvé de séparer le père et la fille, et diables de Verdun et de France l'ont fait. Les uns ont voulu arracher les enfants à un père et à une mère, et les autres l'ont accompli.


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